Le CAC 40 a inscrit un nouveau sommet historique à 8 529 points vendredi 20 février, bouclant une cinquième semaine consécutive de hausse (+2,45 %), sa meilleure performance hebdomadaire de 2026. Le catalyseur : la Cour suprême des États-Unis a invalidé les droits de douane « réciproques » de Donald Trump, jugés inconstitutionnels. Parallèlement, la saison des résultats annuels bat son plein à Paris avec des publications contrastées, les PMI européens signalent un rebond manufacturier inédit depuis 44 mois, et la loi de finances 2026 a été promulguée le 20 février avec un PFU relevé à 31,4 %. Côté matières premières, l’or flirte avec les 5 100 $/oz et le Brent bondit de près de 8 % sous l’effet des tensions avec l’Iran. Le marché crypto, en revanche, reste en souffrance, le Bitcoin oscillant autour de 67 000 $, en baisse de 23 % depuis le début de l’année.
Le CAC 40 franchit les 8 500 points dans un climat d’euphorie
Le CAC 40 a clôturé vendredi 20 février à 8 515,49 points, en hausse de +1,39 % sur la seule séance et de +2,45 % sur l’ensemble de la semaine. L’indice phare parisien a touché un record absolu en séance à 8 529 points vers 16h20 vendredi, porté par l’annonce de l’invalidation des tarifs douaniers américains. Sur l’année, le CAC 40 affiche une progression d’environ +4,5 % depuis le 1er janvier.
La semaine s’est déroulée crescendo. Lundi, en l’absence de Wall Street (Presidents’ Day), le CAC a progressé modestement (+0,06 % à 8 316,50). Mardi a vu un rebond de Dassault Systèmes (+4,82 %) et mercredi a déjà produit un premier record historique (8 438,52 en séance, 8 429,03 en clôture). Jeudi, l’avalanche de résultats a freiné la progression (−0,36 %), avant le rallye de vendredi, alimenté par la journée des « trois sorcières » et la décision de la Cour suprême américaine. Les volumes ont dépassé 5 milliards d’euros vendredi.
Les grands gagnants de la semaine à Paris sont les valeurs de défense et d’aéronautique militaire. Safran a gagné +8,3 % (332,80 €), prolongeant le rallye post-résultats du 13 février (CA ajusté de 31,3 Mds€, +15 %, marge opérationnelle à 16,6 %). Thales a bondi de +7,8 % pour toucher un record, porté par les tensions géopolitiques et les résultats solides de BAE Systems. Dassault Aviation a inscrit un plus haut à 354 €. Le secteur du luxe a explosé à la hausse vendredi grâce à la décision de la Cour suprême : LVMH +4,61 %, Hermès +3,68 %, Pernod Ricard +4,10 %.
À l’inverse, Airbus a chuté de −6,75 % (187,10 €) malgré des résultats 2025 record (EBIT ajusté de 7,1 Mds€, +33 %), les prévisions de livraisons 2026 (environ 870 avions) ayant déçu les analystes en raison des pénuries de moteurs Pratt & Whitney. Carrefour a reculé de −4,84 % (14,65 €), son plan stratégique « Carrefour 2030 » n’ayant pas convaincu. Renault a perdu −3,10 % (32,16 €) sur une marge opérationnelle en contraction à 6,3 % et une perte nette exceptionnelle de −10,9 Mds€ liée à Nissan. Hors CAC 40, Eramet a subi un effondrement spectaculaire de −23 % (EBITDA −54 %, suspension du dividende).
La saison des résultats en pleine effervescence à Paris
Air Liquide a été la vedette du vendredi avec un bénéfice net record d’environ 3,5 Mds€ (+6,4 %), une marge opérationnelle dépassant 20 % et un dividende de 3,70 €/action (+12 %). L’action a gagné +4,8 %. Orange a présenté le plan « Trust the future » 2026-2028, visant un EBITDAaL en croissance de 3 %/an, un free cash-flow de 5,2 Mds€ en 2028 et un dividende plancher de 0,85 € en 2028. Le titre a bondi de +5,75 % jeudi, touchant un plus haut de 5 ans à 17,74 €.
Pernod Ricard a affiché un chiffre d’affaires semestriel en baisse de −5,9 % (marchés américains et chinois en difficulté), mais le titre a rebondi de +3,48 % jeudi puis +4,10 % vendredi grâce à l’effet « Cour suprême ». Danone a publié un CA 2025 de 27,3 Mds€ (+4,5 % en comparable) avec une marge opérationnelle en hausse à 13,4 %, accueilli tièdement (−1,1 %). Hors CAC, Air France-KLM a bondi de +12,27 % grâce à un résultat d’exploitation record de 2 Mds€, une première historique pour le groupe.
Wall Street portée par la tech et le feuilleton des tarifs douaniers
Les marchés américains n’ont fonctionné que quatre jours cette semaine, le lundi 16 février étant férié (Presidents’ Day). Le S&P 500 a clôturé vendredi à 6 909,51 points (+1,07 % sur la semaine), le Nasdaq à 22 886,07 (+1,51 %) et le Dow Jones à 49 625,97 (+0,25 %). Le VIX (indice de volatilité) est retombé sous les 20, à 19,09. C’est la première semaine positive après quatre semaines sur cinq en recul, et la première fois en cinq semaines que les valeurs de croissance surperforment celles de rendement.
En dépit de cette semaine positive, les performances depuis le début de l’année restent très modestes : le S&P 500 évolue quasiment à l’équilibre (environ −0,1 à −0,7 % YTD), dans ce que Bespoke qualifie de « fourchette la plus étroite en 60 ans ». Plus frappant encore, les Magnificent Seven affichent collectivement −5,12 % depuis le 1er janvier, les sept titres étant tous en territoire négatif sur l’année. Microsoft est le plus touché (−17 % YTD), suivi d’Amazon (−13,9 %).
L’événement marquant côté entreprises a été le partenariat stratégique entre Meta et Nvidia, annoncé les 17-18 février. Meta va déployer « des millions » de GPU Blackwell et Rubin de Nvidia, dans un accord estimé à « plusieurs dizaines de milliards de dollars », dans le cadre d’un plan de capex IA de 115-135 Mds$ pour 2026. Ce deal a contribué à inverser le narratif négatif sur l’IA qui pesait sur les marchés depuis deux semaines. AMD a chuté de −4 % sur des craintes concurrentielles.
Walmart a publié un Q4 solide (CA 190,7 Mds$, +5,6 %, e-commerce rentable pour la première fois) mais a déçu avec ses prévisions pour l’exercice 2027 (BPA ajusté de 2,75-2,85 $ contre 2,96 $ attendu). Le titre a perdu −1,4 %. Fait historique : Amazon (716,9 Mds$ de CA annuel) a dépassé Walmart (713,2 Mds$) en tant que plus grande entreprise mondiale par le chiffre d’affaires. Analog Devices a bondi grâce à un CA en hausse de 30 % et des prévisions supérieures aux attentes. Booking Holdings a reculé de −8 % malgré de bons résultats, pénalisé par les craintes liées à l’IA agentique. Les résultats de Nvidia sont attendus le 25 février.
La Cour suprême invalide les tarifs Trump, un séisme juridique et économique
L’événement le plus structurant de la semaine est la décision de la Cour suprême du 20 février, par 6 voix contre 3, déclarant que l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) n’autorise pas le Président à imposer des droits de douane. Cette décision invalide les tarifs « réciproques » en vigueur depuis avril 2025, qui avaient porté le taux effectif moyen américain à environ 16,9 %, un niveau inédit depuis 1936.
Trump a réagi immédiatement en signant un décret imposant un tarif global de 10 % sous la Section 122 du Trade Act de 1974, porté à 15 % dès le lendemain. Cette disposition est cependant temporaire (150 jours, expiration le 24 juillet 2026), nécessite l’approbation du Congrès pour être prolongée, et exclut les produits agricoles, métaux, pétrole, gaz, produits pharmaceutiques, semi-conducteurs et automobiles. Les tarifs Section 232 (acier 50 %, aluminium 50 %, automobiles 25 %) restent intacts.
Selon le Yale Budget Lab, le taux effectif moyen retomberait à environ 13,7 % (toujours le plus haut depuis 1941). L’impact sur les prix est estimé à +0,5-0,6 %, soit 600 à 800 $ de coût additionnel par ménage américain. La question du remboursement des quelque 142 milliards de dollars de droits collectés sous l’IEEPA en 2025 reste en suspens.
Les cryptomonnaies en plein hiver, le Bitcoin à −23 % depuis janvier
Le marché crypto traverse ce que les analystes qualifient de premier véritable « crypto winter » depuis 2022. Le Bitcoin s’échangeait autour de 67 300 $ le 22 février, en recul d’environ −23 % depuis le début de l’année (après un début 2026 à 87 500 $) et de −47 % par rapport à son record historique de 126 000 $ atteint en octobre 2025. Ethereum cotait environ 1 940 $ (−35 % YTD), Solana autour de 83 $ (−36 % YTD), et XRP à 1,39 $ (−34 % YTD). La capitalisation totale du marché crypto est tombée à environ 2,3 trillions de dollars, en baisse de 2 000 milliards depuis le pic d’octobre 2025. L’indice Fear & Greed est tombé sous 10 (« peur extrême »), son plus bas niveau depuis 2022.
Les ETF Bitcoin spot ont enregistré une cinquième semaine consécutive de sorties nettes, avec environ −316 millions de dollars sur les quatre jours de trading (marchés fermés lundi). Les sorties cumulées sur cinq semaines atteignent environ 3,8 à 4 milliards de dollars. Le fonds IBIT de BlackRock détient toujours 758 600 BTC (50,68 Mds$ d’actifs). Les ETF Ethereum spot ont aussi subi des rachats nets d’environ −123 millions de dollars cette semaine. Seuls les ETF Solana spot (lancés fin 2025) ont enregistré des entrées positives (+12,87 M$), signe d’une rotation sélective plutôt que d’un abandon total.
Côté réglementation, la SEC a mis à jour ses directives sur les stablecoins de paiement (haircut réduit à 2 % pour les broker-dealers) et a autorisé le trading direct entre crypto-actifs titres et non-titres sur les bourses nationales. En Europe, la Pologne reste le seul État membre sans législation nationale pour MiCA, après un deuxième veto présidentiel. L’affaire BlockFills, prêteur institutionnel adossé à Susquehanna ayant suspendu les retraits après 75 millions de dollars de pertes, rappelle les épisodes sombres de 2022.
BCE et Fed en pause, mais les minutes du FOMC révèlent des divisions profondes
La BCE maintient ses trois taux directeurs inchangés depuis le 11 juin 2025 : facilité de dépôt à 2,00 %, refinancement à 2,15 %, prêt marginal à 2,40 %. L’inflation en zone euro est tombée à 1,7 % en janvier 2026, sous l’objectif de 2 %, avec une inflation sous-jacente à 2,2 %. Christine Lagarde a confirmé cette semaine qu’elle terminera son mandat (octobre 2027). Le marché anticipe un maintien des taux lors de la prochaine réunion du 19 mars, avec une probabilité de baisse supplémentaire avant fin 2026 estimée à 25-40 %.
La Fed maintient le taux des Fed Funds à 3,50-3,75 %. Les minutes du FOMC publiées mercredi 18 février ont constitué l’événement clé : elles révèlent une division profonde au sein du comité, certains membres évoquant d’éventuelles baisses, d’autres un maintien prolongé, et un troisième groupe mentionnant la possibilité de hausses si l’inflation reste persistante. Le PCE core reste à 3,0 % en rythme annualisé au T4 2025, bien au-dessus de l’objectif. La probabilité d’une baisse en mars a chuté à environ 6 % selon le CME FedWatch. Le mandat de Jerome Powell expire en mai 2026 et Kevin Warsh, nommé par Trump, devrait lui succéder.
Sur les marchés obligataires, les rendements se sont légèrement détendus. L’OAT 10 ans française se situait à 3,30-3,35 % vendredi (TEC 10 à 3,35 %), au plus bas depuis août 2025. Le Bund allemand 10 ans cotait 2,73 % et le Treasury américain 10 ans environ 4,08-4,09 %. Le spread OAT-Bund s’est comprimé à environ 57-62 points de base, en nette amélioration par rapport aux 72-80 pb observés après la dissolution de l’Assemblée nationale. La détente des rendements européens reflète la demande de valeurs refuges (tensions iraniennes), l’inflation en recul et les anticipations de politique monétaire accommodante.
L’EUR/USD a clôturé la semaine à 1,1783, en léger recul de −0,7 % sous l’effet des minutes hawkish du FOMC. L’euro avait touché un plus haut de quatre ans à 1,2019 fin janvier. Le DXY (dollar index) cotait environ 97,5, en hausse de +0,88 % sur la semaine mais toujours en baisse de −8,45 % sur un an, reflétant l’affaiblissement structurel du billet vert.
L’or à 5 100 $ l’once, le pétrole en forte hausse sur fond de tensions iraniennes
L’or a poursuivi sa trajectoire haussière, terminant la semaine autour de 5 062-5 104 $/oz, en hausse d’environ +3 à +4 % sur la semaine. En euros, l’once se situait aux alentours de 4 300-4 350 €. Depuis le 1er janvier, l’or affiche une performance de +16 à +19 %, son meilleur départ d’année depuis 1980, après avoir touché un record historique à 5 589 $ le 28 janvier. Les achats massifs des banques centrales (environ 60 tonnes par mois selon Goldman Sachs), les tensions géopolitiques (Iran, Ukraine) et l’affaiblissement du dollar alimentent cette hausse. Goldman Sachs cible 5 400 $/oz fin 2026. L’argent a surperformé spectaculairement, bondissant de +13 à +18 % sur la semaine pour atteindre 80-88 $/oz, porté par la double demande industrielle (photovoltaïque, IA) et de valeur refuge.
Le Brent a clôturé à 71,30 $/baril vendredi, en hausse d’environ +7-10 % sur la semaine, après une journée à +4 % mercredi lors des pourparlers Ukraine-Russie à Genève. Le WTI a terminé autour de 65,64-66,48 $. Les facteurs haussiers sont multiples : les tensions US-Iran (avertissement maritime américain pour le détroit d’Ormuz, déploiement du porte-avions USS Gerald R. Ford), la baisse de 9 millions de barils des stocks américains et l’incertitude sur les négociations de paix en Ukraine. Cependant, Goldman Sachs anticipe un Brent moyen de 64 $/baril en 2026 et 60 $ au T4, l’OPEP+ disposant de capacités excédentaires de 2,3 Mb/j.
Le cuivre est resté relativement stable à environ 12 710 $/tonne sur le LME, en légère baisse sur le mois mais toujours en hausse de +26,6 % sur un an. La demande structurelle liée aux data centers IA (de 110 000 tonnes en 2025 à 475 000 tonnes en 2026 selon JPMorgan) soutient les perspectives, malgré un ralentissement de la demande chinoise au T4 2025. Le gaz naturel TTF en Europe cotait environ 32,60-32,90 €/MWh, en baisse par rapport aux pics de début février, avec des stocks européens à un niveau critique de 39,2 % de capacité.
Loi de finances 2026 promulguée : le PFU passe à 31,4 %
La loi de finances pour 2026 a été validée par le Conseil constitutionnel le 19 février et promulguée le 20 février, constituant l’événement fiscal majeur de la semaine pour les investisseurs particuliers. La mesure la plus significative est la hausse du PFU (prélèvement forfaitaire unique) à 31,4 % (contre 30 % auparavant), résultant d’une augmentation de la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur les revenus du capital. Les prélèvements sociaux passent ainsi de 17,2 % à 18,6 % pour les dividendes, plus-values mobilières, intérêts de comptes-titres et revenus du PEA (au retrait).
Point crucial pour les épargnants : l’assurance-vie est exclue de cette hausse de CSG, ses prélèvements sociaux restant à 17,2 %. Idem pour les revenus fonciers (location nue) et les plus-values immobilières. Cela renforce mécaniquement l’attractivité relative de l’assurance-vie face au compte-titres ordinaire. Le dispositif Jeanbrun crée un nouveau statut de bailleur privé avec amortissement fiscal pour la location nue (3,5 % à 5,5 %/an). L’IFI « improductif » a été abandonné dans la version finale. Le barème de l’IR est indexé de +0,9 % sur l’inflation.
Le Livret A rémunère 1,50 % depuis le 1er février 2026 (contre 1,70 % précédemment et 3 % début 2025), le LEP à 2,50 % grâce à un coup de pouce ministériel (la formule donnait 1,90 %). Le taux des PEL ouverts en 2026 remonte à 2,00 %. Les fonds euros d’assurance-vie affichent un rendement moyen 2025 d’environ 2,50-2,65 % nets de frais de gestion, avec les meilleurs contrats entre 3,50 % et 4,10 % (Corum EuroLife, Ampli Mutuelle, Garance, La France Mutualiste).
Le budget 2026 cible un déficit de 5,0 % du PIB (contre 5,4 % en 2025), avec une dette publique à 118,2 % du PIB et une charge de la dette de 70 Mds€. Le redressement repose à 75 % sur des hausses d’impôts, ce qui suscite les critiques des organisations patronales.
SCPI : un bilan 2025 en demi-teinte, collecte en rebond
L’ASPIM et l’IEIF ont publié les statistiques annuelles 2025 du marché des SCPI, largement commentées cette semaine. La collecte nette 2025 a atteint 4,6 milliards d’euros (+29 % par rapport à 2024), avec un Q4 particulièrement dynamique (1,3 Md€, +23 % sur un an). Le taux de distribution moyen pondéré ressort à 4,91 % (contre 4,72 % en 2024), les SCPI diversifiées affichant les meilleurs rendements à 6 %. La capitalisation totale du marché SCPI atteint 89 milliards d’euros.
Le marché reste cependant très dual : 17 SCPI ont revalorisé leur prix de part en 2025, mais 14 l’ont baissé, avec un prix de part moyen pondéré en recul de −3,45 % sur l’année. Le stock de parts en attente de retrait représente encore 2,8 milliards d’euros (3,1 % de la capitalisation), concentré sur 15 SCPI. Les taux de crédit immobilier se stabilisent en février autour de 3,27-3,45 % sur 20 ans, en légère hausse de +0,04 à +0,10 point par rapport à janvier. Le marché résidentiel français affiche environ 945 000 transactions sur 12 mois glissants (+12 %), avec des prix en légère hausse de +1,3 % pour les appartements.
L’économie européenne surprise à la hausse, les négociations Ukraine-Russie progressent lentement
Les PMI flash de février pour la zone euro ont constitué la bonne surprise macroéconomique de la semaine. Le PMI manufacturier est remonté à 50,8 (contre 49,5 en janvier), son plus haut depuis 44 mois, signant un retour en zone d’expansion. Le composite atteint 51,9. L’Allemagne se distingue particulièrement avec un PMI manufacturier à 50,7, en expansion pour la première fois en plus de trois ans et demi, porté par les dépenses d’infrastructure et de défense. La France reste en retrait avec un composite à 49,9, sous le seuil des 50.
Aux États-Unis, le PIB du T4 2025 n’a progressé que de +1,4 % en rythme annualisé (contre +4,4 % au T3 et 2,8 % attendu), largement imputable au shutdown gouvernemental d’octobre-novembre. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont redescendues à 206 000 (contre 225 000 attendu), confirmant la résilience du marché de l’emploi. L’indice de confiance Michigan final de février ressort à 56,6, en léger mieux, avec des anticipations d’inflation à un an en baisse notable à 3,4 % (contre 4,0 % en janvier).
Les pourparlers de paix Ukraine-Russie se sont tenus à Genève les 17-18 février, réunissant Steve Witkoff et Jared Kushner côté américain, Rustem Umerov côté ukrainien, et Vladimir Medinsky côté russe. Des progrès ont été réalisés sur le mécanisme de surveillance d’un éventuel cessez-le-feu, mais aucune percée sur les questions fondamentales (territoires, garanties de sécurité). Un prochain round est annoncé. Parallèlement, les tensions US-Iran se sont intensifiées avec le déploiement du porte-avions USS Gerald R. Ford vers le Moyen-Orient et un avertissement maritime américain pour le détroit d’Ormuz. Le programme de réarmement européen (ReArm Europe) vise 800 Mds€ de dépenses supplémentaires d’ici 2030, l’Allemagne ciblant 3,5 % du PIB pour la défense d’ici 2029.
Conclusion : entre records et zones de fragilité
Cette semaine du 16 au 22 février 2026 restera marquée par un double mouvement contradictoire. D’un côté, l’optimisme : records boursiers à Paris, rebond manufacturier européen historique, invalidation judiciaire d’une politique tarifaire qui pesait sur le commerce mondial. De l’autre, des fragilités persistantes : un marché crypto en plein désarroi avec un Bitcoin en chute de près de moitié depuis son sommet, une inflation américaine encore élevée paralysant la Fed, une France dont l’économie stagne (PMI sous 50) malgré un budget désormais voté, et des tensions géopolitiques (Iran, Ukraine) qui maintiennent une prime de risque élevée sur l’énergie et les métaux précieux. La décision de la Cour suprême, aussi spectaculaire soit-elle, ne clôt pas le dossier tarifaire : les nouveaux droits de 15 % imposés par Trump sous la Section 122 expirent le 24 juillet, créant une « falaise tarifaire » qui dominera les prochains mois. La semaine à venir sera scrutée de près avec les résultats de Nvidia (25 février), baromètre du cycle d’investissement IA qui structure désormais les flux financiers mondiaux.