En 2026, le « meilleur » placement n’est pas unique : il dépend de votre horizon de temps et de votre tolérance au risque.
Pour la sécurité (Court terme) : Les livrets réglementés (Livret A, LDDS) restent les favoris pour une épargne disponible.
Pour le rendement (Moyen/Long terme) : Les ETF en bourse via un PEA ou l’assurance-vie en unités de compte offrent historiquement les meilleures performances.
Pour les revenus réguliers : Les SCPI (pierre-papier) permettent d’investir dans l’immobilier avec un ticket d’entrée faible.
Choisir le meilleur placement pour son argent est une question que se posent des millions de Français chaque année. Entre la baisse annoncée du Livret A, le rebond des fonds euros et les performances contrastées de la bourse, le paysage de l’épargne évolue rapidement. Ce guide complet vous aide à identifier où placer votre argent en 2026 selon votre profil, que vous cherchiez un investissement rentable, un placement sans risque ou une solution pour générer des revenus passifs.
1. Les placements sans risque : Priorité à la sécurité
Quand on cherche où placer son argent sans risque, les livrets réglementés restent la référence incontournable. Leur capital est garanti par l’État, les intérêts sont exonérés d’impôt, et l’argent reste disponible à tout moment. En 2026, trois livrets méritent votre attention.
Le Livret A et le LDDS : les classiques en perte de vitesse
Le Livret A affiche un taux de 1,70% net depuis le 1er août 2025, après une baisse significative de 1,30 point sur l’année. Cette chute est la plus importante enregistrée depuis 2008. Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) suit exactement la même trajectoire avec un taux identique.
Le plafond du Livret A s’établit à 22 950 euros (hors intérêts capitalisés), tandis que celui du LDDS atteint 12 000 euros. Pour un couple, cela représente donc une capacité d’épargne totale de près de 70 000 euros sur ces deux supports réunis.
La mauvaise nouvelle ? Une nouvelle baisse est attendue au 1er février 2026. Selon la formule de calcul réglementaire qui combine l’inflation (tombée à 0,8% fin 2025) et le taux interbancaire €STR, le Livret A pourrait descendre aux alentours de 1,40%. Le gouvernement annoncera sa décision après le 15 janvier.
Le LEP : le placement sans risque le plus rentable
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) constitue sans conteste le meilleur placement sans risque disponible en France. Son taux actuel de 2,70% net dépasse largement celui du Livret A, offrant un rendement supérieur de 60%.
Ce livret est toutefois réservé aux ménages modestes. Pour y avoir droit en 2026, votre revenu fiscal de référence ne doit pas excéder 22 823 euros pour une personne seule, 35 013 euros pour un couple, puis 6 095 euros par demi-part supplémentaire. Le plafond de dépôt est fixé à 10 000 euros.
Fait remarquable : environ 8 millions de Français éligibles n’ont toujours pas ouvert ce livret. Si vous êtes concerné, c’est une opportunité à saisir immédiatement. Même avec la baisse attendue à 2,40% en février 2026, le LEP restera nettement plus avantageux que le Livret A.
Le fonds en euros : le retour en grâce
Le fonds en euros de l’assurance-vie connaît un véritable regain d’attractivité en 2025-2026. Longtemps délaissé pour ses rendements faméliques (parfois sous 1%), il affiche désormais une moyenne de 2,60% net de frais de gestion pour l’année 2024. Les meilleurs contrats dépassent largement ce chiffre.
Parmi les fonds euros les plus performants sans contrainte d’investissement en unités de compte :
- CORUM EuroLife : 4,65%
- Ampli Euros (réservé aux professions libérales) : 3,75%
- Garance Épargne : 3,50%
- Placement Direct Euro+ : 3,60%
- Lucya Cardif : 2,75%
Certains assureurs proposent des bonus attractifs pour les épargnants acceptant de diversifier une partie de leur capital en unités de compte. Le fonds Netissima de Generali peut ainsi atteindre 4,60% avec 50% d’UC, tandis que l’Euro Exclusif de BoursoVie monte à 4,50% dans les mêmes conditions.
Le fonds en euros combine plusieurs avantages : capital garanti (hors frais), effet cliquet (les gains acquis sont définitifs), fiscalité avantageuse après 8 ans de détention, et liquidité sous quelques jours. Pour une épargne de moyen terme, il constitue une alternative sérieuse aux livrets.
2. La Bourse : Le moteur de performance à long terme
Pour ceux qui cherchent l’investissement le plus rentable sur le long terme, la bourse reste statistiquement imbattable. Sur les 40 dernières années, les actions mondiales ont délivré un rendement annualisé d’environ 8-10% par an, dividendes réinvestis. Cette performance écrase celle de tous les autres placements, à condition d’accepter la volatilité.
Pourquoi privilégier les ETF (trackers) pour la diversification
Les ETF (Exchange Traded Funds), aussi appelés trackers, ont révolutionné l’investissement boursier. Ces fonds indiciels cotés répliquent automatiquement la performance d’un indice de référence avec des frais minimes, généralement entre 0,10% et 0,30% par an.
L’avantage majeur des ETF réside dans leur diversification instantanée. En achetant une seule part d’un ETF MSCI World, vous investissez simultanément dans plus de 1 500 entreprises réparties dans 23 pays développés. Cette diversification réduit considérablement le risque spécifique lié à une entreprise ou un secteur.
Les performances récentes illustrent l’intérêt de cette approche mondiale :
- MSCI World 2024 : +19,19%
- S&P 500 2024 : +23%
- CAC 40 2024 : -2,15% (hors dividendes)
Le CAC 40 français a particulièrement souffert en 2024, plombé par l’instabilité politique et l’effondrement du secteur du luxe. Cette sous-performance persistante plaide clairement pour une exposition internationale plutôt qu’un investissement concentré sur les valeurs françaises.
Les ETF les plus populaires auprès des investisseurs français incluent l’Amundi MSCI World (0,12% de frais annuels), le BNP Paribas Easy S&P 500 (0,12%), et le Lyxor Core STOXX Europe 600 (seulement 0,07% de frais).
L’avantage fiscal du PEA après 5 ans
Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) constitue l’enveloppe fiscale idéale pour investir en bourse sur le long terme. Son fonctionnement est simple : tant que vous ne retirez pas d’argent, aucune imposition ne s’applique sur vos gains, qu’il s’agisse de plus-values ou de dividendes.
Le véritable avantage fiscal intervient après 5 ans de détention. À ce stade, seuls les prélèvements sociaux de 17,2% s’appliquent lors des retraits, contre 30% de flat tax (12,8% d’impôt + 17,2% de prélèvements sociaux) pour un compte-titres ordinaire. Sur un gain de 10 000 euros, l’économie atteint 1 280 euros.
Le plafond de versements du PEA classique s’établit à 150 000 euros. En y ajoutant un PEA-PME (dédié aux petites et moyennes entreprises), ce plafond grimpe à 225 000 euros cumulés. Pour un couple, la capacité totale atteint donc 450 000 euros d’investissement en enveloppe fiscale optimisée.
Point important : les ETF à réplication synthétique permettent d’investir sur des indices américains ou mondiaux tout en respectant les règles d’éligibilité du PEA. C’est la technique utilisée par les ETF MSCI World ou S&P 500 disponibles sur cette enveloppe.
3. L’Immobilier physique et la Pierre-Papier (SCPI)
L’immobilier reste le placement préféré des Français, perçu comme une valeur refuge tangible. Mais l’investissement locatif classique nécessite un capital important, du temps de gestion, et expose à des risques concentrés sur un seul bien. Les SCPI offrent une alternative séduisante.
Investir dans l’immobilier sans contrainte de gestion
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d’accéder à l’immobilier professionnel via l’achat de parts, à partir de quelques centaines d’euros seulement. La société de gestion se charge de tout : acquisition des immeubles, recherche des locataires, travaux d’entretien, encaissement des loyers.
En tant qu’associé, vous percevez des revenus réguliers (généralement trimestriels) proportionnels au nombre de parts détenues. Cette distribution correspond aux loyers collectés, diminués des frais de gestion.
L’investissement minimum varie selon les SCPI. Les plus accessibles proposent des parts dès 180 euros (Mistral Sélection), tandis que d’autres exigent un ticket d’entrée de 5 000 à 10 000 euros. Des SCPI comme Iroko Zen ou Remake Live ont supprimé les frais d’entrée, ce qui améliore significativement le rendement net sur la durée.
La diversification constitue un atout majeur des SCPI. En investissant 10 000 euros, vous détenez indirectement des parts de dizaines, voire de centaines d’immeubles différents (bureaux, commerces, entrepôts, résidences) répartis dans plusieurs pays. Cette mutualisation réduit le risque locatif.
Les rendements attendus en 2026
Le taux de distribution moyen des SCPI s’est établi à 4,72% en 2024, en légère hausse par rapport à 2023. Mais les écarts entre SCPI sont considérables. Les meilleures ont distribué plus de 10%, tandis que certaines SCPI de bureaux franciliens ont subi des baisses de valorisation importantes.
Top 5 des SCPI les plus performantes en 2024 :
| SCPI | Société de gestion | Taux de distribution 2024 |
|---|---|---|
| Comète | Alderan | 11,18% |
| Osmo Énergie | Mata Capital | 9,33% |
| Mistral Sélection | Swiss Life | 8,59% |
| Transitions Europe | Arkéa REIM | 8,25% |
| Remake Live | Remake AM | 7,50% |
Un constat s’impose : les nouvelles SCPI créées après 2020, souvent diversifiées géographiquement et sectoriellement, surperforment nettement les vieilles SCPI de bureaux parisiens. Ces dernières souffrent de la crise du marché de bureaux post-Covid, avec des taux de vacance élevés et des baisses de valeur de parts.
Pour 2026, les professionnels anticipent un taux de distribution moyen stable autour de 5%, avec une dizaine de SCPI visant les 8 à 10%. La prudence recommande d’éviter les SCPI affichant des parts en attente de retrait, signe de difficultés de liquidité.
4. Placements alternatifs : Crypto, Or et Private Equity
Au-delà des placements traditionnels, certains actifs alternatifs méritent une place dans un portefeuille diversifié. Leur volatilité élevée impose toutefois de les cantonner à une fraction limitée de votre patrimoine.
L’or comme valeur refuge
L’or a connu une année exceptionnelle en 2025, atteignant un record historique de 4 539 dollars l’once en décembre. Sur l’année, la progression atteint 65 à 70%, une performance remarquable pour un actif traditionnellement stable.
Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs : achats massifs des banques centrales (notamment chinoise et russe), tensions géopolitiques persistantes, et anticipations de baisse des taux d’intérêt. L’or joue son rôle traditionnel de valeur refuge dans un contexte d’incertitudes.
Pour 2026, le consensus des analystes situe l’once entre 4 000 et 5 200 dollars. JP Morgan et Goldman Sachs figurent parmi les plus optimistes. L’or ne génère aucun revenu (pas de dividendes ni de loyers), mais sa fonction de protection contre les crises justifie une allocation de 5 à 10% d’un portefeuille.
Les particuliers peuvent investir via l’or physique (pièces comme le Napoléon, lingots), les ETF or (cotés en bourse), ou les certificats. L’or physique bénéficie d’une fiscalité spécifique après 22 ans de détention (exonération totale).
L’introduction d’une dose de risque avec les actifs numériques ou le non coté
Le Bitcoin a consolidé son statut d’actif d’investissement reconnu en 2024-2025. L’approbation des ETF Spot Bitcoin aux États-Unis en janvier 2024 a ouvert les vannes des investissements institutionnels, avec plus de 1,29 million de BTC détenus par les fonds.
Après avoir atteint un record de 126 073 dollars en octobre 2025, le Bitcoin corrige actuellement autour de 91 500 dollars. L’Ethereum oscille autour de 3 100 dollars. Ces actifs restent extrêmement volatils : des variations de 10 à 20% en quelques jours sont fréquentes.
Pour les investisseurs tentés par les cryptomonnaies, la règle d’or consiste à n’y consacrer que l’argent qu’on peut se permettre de perdre totalement. Une allocation de 1 à 5% du patrimoine représente un maximum raisonnable.
Le Private Equity (capital-investissement) offre une alternative moins volatile pour diversifier son portefeuille. Ce placement consiste à investir dans des entreprises non cotées, généralement via des fonds. Le rendement historique atteint 12,4% par an sur 10 ans selon France Invest.
Longtemps réservé aux investisseurs fortunés, le Private Equity se démocratise. BPIfrance Entreprises 3 propose un accès dès 500 euros. Certains contrats d’assurance-vie intègrent désormais des fonds de Private Equity dans leurs unités de compte.
5. Tableau comparatif : Quel placement pour quel profil ?
| Placement | Risque | Rendement cible | Disponibilité | Horizon conseillé |
|---|---|---|---|---|
| Livret A / LDDS | Nul | 1,40-1,70% | Immédiate | Court terme |
| LEP | Nul | 2,40-2,70% | Immédiate | Court terme |
| Fonds euros | Très faible | 2,5-4% | 2-3 jours | Moyen terme |
| SCPI | Modéré | 4-8% | Plusieurs mois | Long terme (8+ ans) |
| ETF Bourse (PEA) | Élevé | 6-10%/an | Immédiate | Long terme (5+ ans) |
| Or | Modéré | Variable | Quelques jours | Moyen/Long terme |
| Crypto | Très élevé | Variable | Immédiate | Spéculatif |
| Private Equity | Élevé | 8-12%/an | Bloqué 7-10 ans | Très long terme |
Allocation selon votre profil
Profil prudent (priorité à la sécurité) : 50% livrets (LEP si éligible), 40% fonds euros, 10% SCPI diversifiées.
Profil équilibré (recherche de rendement maîtrisé) : 20% livrets, 30% fonds euros, 30% SCPI, 15% ETF PEA, 5% or.
Profil dynamique (objectif performance long terme) : 10% livrets, 15% fonds euros, 20% SCPI, 45% ETF PEA, 5% or, 5% alternatifs.
6. 3 conseils pour bien choisir son placement
Définir son horizon de temps
La durée pendant laquelle vous pouvez immobiliser votre argent conditionne directement le type de placement adapté. Un projet à moins de 2 ans impose des supports liquides et sécurisés : livrets, fonds euros. Au-delà de 5 ans, vous pouvez viser des actifs plus rémunérateurs mais volatils comme la bourse. Les SCPI nécessitent un horizon de 8 à 10 ans minimum pour amortir les frais et traverser les cycles immobiliers.
Ne placez jamais en bourse ou en SCPI l’argent dont vous pourriez avoir besoin à court terme. Une baisse temporaire des marchés au moment où vous devez retirer vos fonds transformerait une perte latente en perte réelle.
Ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier (diversification)
La diversification constitue le seul « repas gratuit » en finance : elle réduit le risque sans sacrifier le rendement espéré. Concrètement, répartissez votre épargne entre plusieurs classes d’actifs (liquidités, obligations, immobilier, actions), plusieurs zones géographiques, et plusieurs supports.
Un portefeuille diversifié résiste mieux aux chocs. Quand la bourse s’effondre, l’immobilier ou l’or peuvent compenser. Quand les taux baissent et pénalisent les livrets, les actions en profitent. Cette complémentarité lisse la performance globale au fil du temps.
Surveiller les frais de gestion
Les frais constituent l’ennemi silencieux de votre épargne. Sur 20 ans, la différence entre un fonds facturant 0,3% et un autre facturant 2% de frais annuels représente plusieurs dizaines de milliers d’euros sur un capital de 100 000 euros.
Privilégiez systématiquement les supports à frais réduits : ETF plutôt que fonds actifs, assurance-vie en ligne plutôt que bancaire, SCPI sans frais d’entrée. Comparez toujours les frais totaux (gestion, versement, arbitrage, sortie) avant de souscrire.
FAQ : Questions fréquentes sur les placements en 2026
Quel placement rapporte le plus en 2026 ?
Sur le long terme, la bourse (via les ETF) offre historiquement les meilleurs rendements, autour de 8-10% par an en moyenne. À court terme et sans risque, le LEP domine avec 2,70% net d’impôt. Les SCPI les plus performantes atteignent 8 à 11% mais présentent un risque de perte en capital.
Où placer 10 000 euros en 2026 ?
Avec 10 000 euros, une stratégie équilibrée consisterait à placer 3 000 euros sur un LEP ou Livret A (matelas de sécurité), 4 000 euros sur un fonds euros performant, et 3 000 euros sur des ETF via un PEA. Cette répartition combine disponibilité, sécurité et potentiel de rendement.
Le Livret A est-il encore intéressant en 2026 ?
Avec un taux attendu de 1,40% et une inflation à 0,8%, le Livret A offre un rendement réel de seulement 0,6%. Son intérêt se limite désormais à l’épargne de précaution immédiatement disponible. Pour faire fructifier son argent, d’autres placements sont nettement plus avantageux.
Comment investir en bourse sans risque ?
Investir en bourse implique nécessairement un risque de perte en capital. Toutefois, ce risque diminue considérablement avec le temps et la diversification. Un investissement régulier (DCA) sur un ETF World via PEA, maintenu sur 10 ans ou plus, a historiquement toujours été gagnant malgré les crises traversées.
Article mis à jour en janvier 2026. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.