Marchés financiers : la semaine du 9 au 15 février en 9 points clés

Sommaire

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Le CAC 40 franchit un nouveau record historique à 8 437 points jeudi, porté par une avalanche de résultats d’entreprises supérieurs aux attentes — Hermès, Michelin, Legrand, EssilorLuxottica — avant de clôturer la semaine autour de 8 312 points. À Wall Street, le S&P 500 reste stable à 6 836 points après la publication d’une inflation américaine plus faible qu’anticipé (2,4 %). Le Bitcoin se stabilise autour de 68 000 $ après le chaos de début février, tandis que l’or poursuit son yo-yo entre 4 900 $ et 5 000 $ l’once. Tour d’horizon complet d’une semaine marquée par les publications financières et les données macroéconomiques pour les investisseurs particuliers.

Le CAC 40 inscrit un nouveau sommet historique à 8 437 points

La semaine du 9 au 15 février restera comme celle d’un nouveau record pour le CAC 40. L’indice parisien a franchi pour la première fois le seuil des 8 400 points jeudi 12 février en séance, atteignant un plus haut historique de 8 437,35 points — effaçant le précédent sommet de 8 396,72 points du 14 janvier. À la clôture de vendredi, l’indice termine à 8 312 points, en léger repli de 0,35 % sur la séance mais en hausse d’environ +0,5 % sur la semaine.

La dynamique a été portée par une avalanche de publications de résultats meilleures qu’attendu. Hermès (+2,6 %) a publié un chiffre d’affaires annuel de 16 milliards d’euros (+9 % à taux constants), avec un résultat opérationnel en hausse de 7 % à 6,6 milliards (marge de 41 %). Le groupe a relevé son dividende à 18 € par action (+12,5 %) et annoncé une prime de 3 000 € pour l’ensemble de ses collaborateurs. Axel Dumas, gérant de la maison, a déclaré aborder 2026 « avec confiance ».

Michelin a bondi de près de 5 % après des résultats meilleurs qu’attendu au second semestre et l’annonce d’un programme de rachat d’actions de 2 milliards d’euros sur 2026-2028. Legrand a progressé de plus de 4 % grâce à des ventes supérieures aux attentes et un relèvement de ses ambitions de rentabilité. EssilorLuxottica s’est envolée de plus de 7 % après avoir affiché une croissance impressionnante au quatrième trimestre.

Safran s’est imposée comme la vedette de vendredi avec un bond de plus de 8 %, le groupe ayant relevé ses objectifs à horizon 2028 et publié un bénéfice net 2025 en progression. À l’inverse, L’Oréal a chuté de près de 5 % vendredi malgré des revenus records, les investisseurs sanctionnant un ralentissement en Chine et une performance insuffisante de la division Luxe. Dassault Systèmes s’est effondrée de près de 20 % mardi, plombée par des prévisions jugées décevantes.

Le secteur bancaire a subi une correction en fin de semaine, sur fond d’inquiétudes autour de l’impact potentiel de l’intelligence artificielle sur certains métiers financiers. Après une année 2025 exceptionnelle (Société Générale +160 %, BNP Paribas +50 %), de nombreux investisseurs ont préféré prendre leurs bénéfices.

Wall Street : le S&P 500 stable, l’inflation rassure

La semaine à Wall Street a été dominée par deux publications macroéconomiques majeures : le rapport sur l’emploi de janvier et les chiffres de l’inflation (CPI). Le S&P 500 a clôturé vendredi à 6 836 points (+0,05 % sur la séance), quasi stable sur la semaine. Le Dow Jones a terminé à 49 501 points (+0,10 %), tandis que le Nasdaq Composite a reculé de 0,22 % à 22 547 points.

Le rapport sur l’emploi de janvier, publié mercredi 11 février (avec quelques jours de retard en raison du shutdown partiel), a révélé 130 000 créations d’emplois contre 70 000 attendues. Le taux de chômage a reculé à 4,3 % contre 4,4 % anticipé. Bonne nouvelle en apparence, mais les révisions annuelles ont créé un choc : les données 2025 ont été révisées à la baisse de 403 000 postes, révélant que l’économie américaine n’a créé en moyenne que 15 000 emplois par mois l’an dernier — bien loin des 49 000 annoncés initialement.

L’inflation de janvier, publiée vendredi 13 février, a apporté un soulagement. L’indice des prix à la consommation (CPI) est ressorti à +2,4 % en rythme annuel, contre 2,5 % attendu — son plus bas niveau depuis mai 2025. L’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) s’est établie à +2,5 %, au plus bas depuis avril 2021. Sur un mois, les prix n’ont progressé que de 0,2 % contre 0,3 % anticipé.

Ces chiffres ont été accueillis positivement par les marchés, confortant le scénario d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine. Les anticipations de baisse des taux de la Fed restent toutefois modérées : le marché n’intègre plus qu’environ 50 % de probabilité pour une baisse en mai, contre 60 % en début de semaine. La prochaine baisse est désormais attendue pour juin ou juillet.

Côté valeurs, Rivian a flambé de 20 % après des perspectives de livraisons 2026 supérieures aux attentes. DraftKings a plongé de 17 % après des prévisions de revenus décevantes.

Bitcoin : stabilisation autour de 68 000 $ après le choc

Après une semaine de chaos du 2 au 8 février (point bas à 60 062 $), le Bitcoin a retrouvé une relative stabilité au cours de la semaine du 9 au 15 février. La cryptomonnaie reine a oscillé entre 65 000 $ et 70 000 $, terminant vendredi autour de 68 000-69 000 $. La variation hebdomadaire est quasi nulle, le marché marquant une pause après les turbulences récentes.

La correction depuis le sommet historique de 126 000 $ atteint en octobre 2025 reste considérable : environ -45 % en quatre mois. Le RSI du Bitcoin, tombé à 15,64 au plus fort de la panique début février (un niveau inférieur à celui du krach de mars 2020), s’est progressivement normalisé. Le Crypto Fear & Greed Index est remonté de son plus bas de 9 (peur extrême) vers des niveaux plus neutres autour de 25-30.

Les ETF Bitcoin spot continuent d’afficher des flux mitigés. Après les sorties massives de début février (1,7 milliard de dollars sur une semaine), le rythme s’est ralenti. Les données montrent que les flux cumulés depuis novembre 2025 représentent plus de 6 milliards de dollars de sorties nettes. Les ETF détiennent toujours environ 1,3 million de BTC, et environ 62 % des flux cumulés sont désormais en perte, le coût moyen d’entrée se situant autour de 84 000 $.

Les analystes restent partagés sur la suite. Stifel évoque un scénario de descente jusqu’à 38 000 $ si la correction se poursuit, tandis que Standard Chartered maintient un objectif de 150 000 $ pour fin 2026. Sur les marchés de prédiction (Polymarket, Kalshi), les traders attribuent environ 45 % de probabilité à un Bitcoin à 75 000 $ d’ici fin février, et 40 % de chances d’atteindre 100 000 $ en 2026.

Ethereum reste sous pression autour de 1 900-2 000 $, en baisse d’environ 7 % sur la semaine.

Inflation et Fed : le statu quo se prolonge

La publication du CPI américain de janvier a confirmé la tendance désinflationniste. À 2,4 % en rythme annuel, l’inflation américaine atteint son plus bas niveau depuis huit mois et se rapproche de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale. L’inflation sous-jacente à 2,5 % est au plus bas depuis avril 2021.

Dans le détail, les prix du logement (shelter) n’ont progressé que de 0,2 % sur le mois, ramenant la hausse annuelle à 3 % — une décélération significative pour ce poste qui représente plus d’un tiers de l’indice CPI. Les prix de l’énergie ont reculé de 1,5 % en janvier, et les véhicules d’occasion ont baissé de 1,8 %. En revanche, les billets d’avion ont bondi de 6,5 % sur le mois.

Malgré ces chiffres encourageants, la Fed maintient une posture prudente. Jerome Powell et les membres du FOMC ont réitéré leur approche « data dependent ». Les marchés n’anticipent désormais plus de baisse des taux avant juin 2026 au plus tôt. La nomination de Kevin Warsh comme prochain président de la Fed (prise de fonction prévue en mai 2026) continue de peser sur les anticipations de politique monétaire.

En zone euro, la situation est plus claire. L’inflation est tombée à 1,7 % en janvier, sous l’objectif de 2 % de la BCE. La banque centrale européenne, qui maintient ses taux à 2,00 % depuis juin 2025, devrait rester en mode statu quo au moins jusqu’à fin 2026 selon la majorité des économistes.

Sur le marché obligataire, le Treasury américain 10 ans a reculé à environ 4,05-4,10 % après les données d’inflation, son plus bas niveau en plus de deux mois. L’OAT française 10 ans se stabilise autour de 3,40-3,45 %.

L’or sous pression : volatilité persistante autour de 5 000 $

L’or a poursuivi son parcours chaotique au cours de la semaine. Après avoir touché un plus bas à 4 400 $ le 2 février (suite au « choc Warsh » et à la détente géopolitique), le métal jaune a oscillé entre 4 900 $ et 5 100 $ l’once au cours de la semaine du 9-15 février.

Jeudi 12 février, l’or a chuté de plus de 3 % pour tomber sous 4 920 $, pris dans une vague de liquidation généralisée qui a également affecté les actions et les cryptomonnaies. Cette correction ne semble pas liée à des facteurs fondamentaux mais plutôt à des demandes de liquidité et à un désengagement de positions après le rallye prolongé de 2025.

Vendredi, le métal jaune a rebondi pour terminer autour de 4 990-5 000 $ l’once, un niveau psychologique important. La volatilité de l’or sur 30 jours a dépassé 44 %, un record depuis la crise financière de 2008 — surpassant même la volatilité du Bitcoin (39 %).

Les facteurs de soutien structurels restent en place : achats continus des banques centrales (la Chine a étendu ses achats à 15 mois consécutifs), tensions géopolitiques persistantes, et inquiétudes sur la dette souveraine américaine. Goldman Sachs maintient un objectif de 5 400 $ pour fin 2026.

L’argent continue de souffrir également, oscillant entre 75 $ et 80 $ l’once après son effondrement de 31 % fin janvier. Le cuivre se maintient autour de 5,80-5,90 $/livre, soutenu par la demande structurelle liée aux datacenters IA et à l’électrification.

Le pétrole reste sous pression. Le Brent évolue autour de 67-68 $/baril, pénalisé par les discussions nucléaires américano-iraniennes qualifiées de « bon début » et par la surabondance de l’offre mondiale.

Résultats d’entreprises : une saison globalement positive

La semaine a été marquée par une avalanche de publications en France et en Europe, avec un bilan globalement positif qui a permis au CAC 40 d’atteindre de nouveaux sommets.

Hermès a dépassé les attentes avec un CA de 16 milliards d’euros (+9 % à taux constants), une marge opérationnelle de 41 % et un dividende relevé à 18 € (+12,5 %). La maroquinerie-sellerie, cœur de métier du groupe, a progressé de 14,6 % au T4. Le groupe prévoit des hausses de prix de 5-6 % en 2026, contre 6-7 % l’an dernier.

Michelin a publié des résultats S2 meilleurs qu’attendu et annoncé un programme de rachat d’actions de 2 milliards d’euros. Le groupe anticipe un marché stable en 2026.

Legrand a affiché un résultat net en hausse de 6,7 % à 1,24 milliard d’euros, avec un dividende relevé à 2,38 € (+8,2 %).

EssilorLuxottica a bondi après une croissance accélérée au T4, confirmant la solidité du secteur optique.

Safran a relevé ses objectifs 2028 et publié un bénéfice net en progression, entraînant un bond de 8 % vendredi.

Capgemini a surpris positivement avec des perspectives encourageantes malgré les inquiétudes liées à l’IA.

En revanche, L’Oréal a déçu avec un T4 en deçà des attentes, notamment en Chine où le groupe fait face à un « fort ralentissement ». Dassault Systèmes s’est effondrée de près de 20 % mardi après des prévisions jugées insuffisantes.

TF1 a publié un chiffre d’affaires en retrait, pénalisé par un marché publicitaire dégradé.

Épargne et immobilier : les Français s’adaptent au nouveau Livret A

Depuis le 1er février, le Livret A est passé à 1,50 % (contre 1,70 % précédemment), son plus bas niveau depuis plusieurs années. Le LEP reste à 2,50 % grâce à un coup de pouce gouvernemental. Cette baisse pousse les épargnants français à rechercher des alternatives.

Selon un sondage récent, 39 % des Français jugent cette baisse « inacceptable ». En réponse, 52 % se tournent vers l’assurance vie, 43 % vers l’immobilier locatif, et 34 % vers la Bourse.

Les SCPI continuent d’afficher des performances attractives dans ce contexte. Le taux de distribution moyen 2025 devrait atteindre environ 5 %, contre 4,72 % en 2024. Parmi les véhicules les plus performants, Iroko Zen affiche un TD 2025 de 7,14 %, Corum Origin de 6,50 % pour la quatorzième année consécutive, et Remake Live maintient un rythme supérieur à 7 %.

Les taux de crédit immobilier se stabilisent en février autour de 3,13-3,20 % sur 15 ans, 3,24-3,31 % sur 20 ans et 3,35-3,40 % sur 25 ans, avec des conditions préférentielles proches de 3 % pour les meilleurs profils.

Le marché immobilier résidentiel français montre des signes de reprise modeste avec environ 930 000-940 000 transactions en 2025 (+11 % sur un an) et des prix qui repartent timidement à la hausse (+0,4 % à +1,6 %).

Géopolitique : tensions persistantes malgré les pourparlers

Sur le plan géopolitique, la semaine a été marquée par une relative accalmie après les avancées diplomatiques de début février. Les pourparlers Ukraine-Russie à Abu Dhabi avaient abouti à un échange de 157 prisonniers de chaque côté et à la reprise du dialogue militaire américano-russe. Cependant, aucune avancée n’a été réalisée sur la question territoriale et la Russie poursuit ses frappes massives.

Les discussions nucléaires États-Unis-Iran à Mascate, qualifiées de « bon début », ont contribué à réduire la prime de risque géopolitique sur le pétrole. Néanmoins, les tensions restent vives en toile de fond.

Les tarifs douaniers américains demeurent le risque structurel majeur pour les marchés. Le taux moyen pondéré appliqué atteint 13,5 %, le plus élevé depuis 1946. L’accord commercial avec l’Inde (droits réduits de 25 % à 18 %) constitue un rare assouplissement. La Cour suprême américaine doit se prononcer le 20 février sur la légalité des pouvoirs tarifaires présidentiels, une décision très attendue par les marchés.

En Europe, les dividendes et rachats d’actions versés par les entreprises du CAC 40 ont battu un nouveau record en 2025, comme presque chaque année depuis 2019.

Ce qu’il faut retenir pour la suite

La semaine écoulée a confirmé la résilience du marché français face aux incertitudes mondiales. Le CAC 40 a inscrit un nouveau record historique grâce à une saison de résultats globalement positive, dominée par le luxe (Hermès), l’industrie (Safran, Legrand, Michelin) et l’optique (EssilorLuxottica).

Pour les investisseurs particuliers, plusieurs éléments méritent une attention soutenue dans les semaines à venir :

La volatilité technique reste élevée sur le CAC 40. Après avoir touché 8 437 points en séance, l’indice a immédiatement reflué, validant selon certains analystes une structure de retournement baissière (vague de Wolfe). Le support majeur à surveiller se situe à 8 259 points ; une rupture de ce niveau ouvrirait la voie vers la zone 7 770-7 836 points.

La décision de la Cour suprême américaine du 20 février sur les pouvoirs tarifaires présidentiels pourrait avoir un impact significatif sur les marchés. Une invalidation des tarifs de Trump serait favorable aux valeurs exportatrices européennes.

La stabilisation du Bitcoin autour de 68 000 $ constitue un signe encourageant, mais le marché crypto reste en mode « wait-and-see ». Les analystes s’accordent à dire que le niveau de 60 000 $ représente un support technique majeur ; une rupture ouvrirait la voie vers 50 000 $, tandis qu’un rebond au-dessus de 75 000 $ relancerait l’espoir d’un retour vers les sommets.

Enfin, l’or reste en phase de consolidation autour de 5 000 $ après sa correction violente de fin janvier. Les facteurs de soutien structurels restent en place, mais la volatilité exceptionnelle invite à la prudence.