Le CAC 40 a atteint un nouveau record historique à 8 396,72 points le mercredi 14 janvier avant d’enchaîner plusieurs séances de consolidation, clôturant la semaine autour de 8 259 points. Cette pause technique intervient dans un contexte d’attentisme avant les résultats de LVMH (23 janvier) et l’investiture de Donald Trump (20 janvier). Côté américain, le S&P 500 a terminé quasi stable malgré des données d’inflation encourageantes et des résultats bancaires exceptionnels. Les cryptomonnaies poursuivent leur rally avec un Bitcoin proche des 98 000 dollars, tandis que l’or et l’argent battent de nouveaux records historiques. Pour les investisseurs français, l’annonce officielle de la baisse du Livret A à 1,5% dès le 1er février et l’entrée en vigueur de la hausse du PFU à 31,4% redessinent profondément le paysage de l’épargne pour 2026.
Le CAC 40 consolide après son record historique
La Bourse de Paris a connu une semaine en deux temps. Dans un premier mouvement haussier, l’indice phare a établi un record historique intraday à 8 396,72 points le mercredi 14 janvier au matin, porté par l’optimisme général et les résultats positifs de Richemont dans le luxe. Ce nouveau sommet efface le précédent record de 8 362 points établi le 9 janvier dernier.
Cependant, les investisseurs ont rapidement pris leurs bénéfices, entraînant cinq séances consécutives de repli. Le CAC 40 a clôturé vendredi 17 janvier autour de 8 259 points, accusant une baisse hebdomadaire d’environ -1,2%. Depuis le 1er janvier, l’indice affiche néanmoins une progression de +0,14%, avec un plus haut à 8 396,72 points et un plus bas à 8 158 points.
Cette consolidation s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, l’attentisme avant l’investiture de Donald Trump le 20 janvier, source d’incertitudes sur les politiques commerciales et tarifaires américaines. Ensuite, les investisseurs attendent les résultats annuels de LVMH, prévus le 23 janvier, qui donneront le ton pour l’ensemble du secteur luxe. Enfin, les tensions géopolitiques persistantes autour du Groenland et de l’Iran maintiennent une certaine prudence.
Le secteur luxe a été au cœur de l’actualité cette semaine avec la publication des résultats trimestriels de Richemont le 15 janvier. Le groupe suisse propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels a affiché un chiffre d’affaires de 6,4 milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de 11% à taux de change constants. La joaillerie, division phare du groupe, progresse de 14%, tandis que la Chine affiche enfin un retour à la croissance de +2% après plusieurs trimestres de contraction. Paradoxalement, le titre Richemont a reculé de 3% après l’annonce, les investisseurs jugeant la valorisation élevée et redoutant une normalisation de la croissance.
Cette publication a eu un effet mitigé sur les valeurs françaises du luxe. LVMH a reculé de -1,6% sur la semaine, les investisseurs préférant attendre ses propres résultats. Kering reste la plus forte baisse du CAC 40 avec un repli de -2% à -3%, malgré le soutien de Morgan Stanley qui maintient le titre comme sa valeur préférée du secteur. Hermès a mieux résisté avec un rebond de +3,7% vendredi, après une note de Berenberg évoquant la fin du « super-cycle du luxe » qui avait pesé sur l’ensemble du secteur en début de semaine.
Le secteur défense continue de briller dans un contexte géopolitique toujours tendu. Dassault Aviation a fait sensation en annonçant un investissement de 200 millions d’euros dans Harmattan AI, une startup française spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la défense. Cette opération valorise Harmattan AI à 1,4 milliard d’euros, en faisant le premier « unicorne » français du secteur de la défense. Cette prise de participation stratégique vise à accélérer le développement de solutions d’IA embarquée pour les systèmes d’armes du groupe.
Thales a été relevé par Bernstein à « surperformance » avec un objectif de cours de 275 euros, l’analyste préférant le titre à BAE Systems et Dassault Aviation. Depuis le début de l’année, Thales affiche une progression de +15%, porté par la hausse des budgets de défense européens. Safran voit également son objectif de cours relevé à 380 euros par plusieurs bureaux d’études.
À l’inverse, Vinci a subi la plus forte baisse du CAC 40 le mardi 13 janvier (-4,51%) après la dégradation de Bank of America à « sous-performance ». Les annonces du ministère des Transports concernant la récupération de 2,5 milliards d’euros sur les concessions autoroutières ont pesé sur le titre. Capgemini a également chuté de -4,24% suite à une dégradation de Morgan Stanley, qui s’inquiète de l’impact disruptif de l’intelligence artificielle sur le modèle économique des sociétés de services informatiques.
STMicroelectronics s’est distingué positivement avec une hausse de +1,28% le jeudi 15 janvier, porté par les résultats record de TSMC qui ont rassuré l’ensemble du secteur semi-conducteurs. Dans le secteur santé, Ipsen a bondi de +4,63% après l’obtention par la FDA de la désignation « thérapie innovante » pour son traitement IPN60340 contre la leucémie myéloïde aiguë.
Wall Street digère des données économiques rassurantes
Les indices américains ont terminé la semaine quasiment stables, dans l’attente de l’investiture présidentielle du 20 janvier. Le S&P 500 a clôturé à 6 940 points (-0,1% sur la semaine), le Dow Jones à 49 359 points (stable) et le Nasdaq Composite à 23 515 points (-0,4%).
La publication de l’inflation américaine de décembre le 13 janvier a constitué le principal catalyseur de la semaine. Le CPI (Consumer Price Index) core est ressorti à 2,6% sur un an, son plus bas niveau depuis mars 2021, contre 2,7% attendu par le consensus. L’inflation globale s’établit à 2,9%, en légère hausse par rapport au mois précédent en raison du rebond des prix de l’énergie. Ces données confirment le scénario d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine et réduisent les pressions sur la Fed pour de nouvelles baisses de taux.
Le marché de l’emploi reste solide, avec des demandes d’allocations chômage en chute à 198 000 le 15 janvier, bien en-dessous des 215 000 anticipées et au plus bas depuis deux ans. Cette donnée confirme la résilience du marché du travail américain, malgré un ralentissement des créations d’emplois observé tout au long de 2025.
Les grandes banques américaines ont dominé les publications avec des résultats au-dessus des attentes. JPMorgan a dégagé un bénéfice par action de 5,23 dollars (+4,6% vs consensus), confirmant sa position de leader du secteur. Goldman Sachs affiche un profit annuel en hausse de 12%, porté par le rebond de l’activité de banque d’investissement. Bank of America a vu ses revenus de trading actions bondir de 23% sur le trimestre. Au total, les grandes banques américaines ont enregistré des revenus records en 2025, l’activité M&A mondiale ayant atteint 5 100 milliards de dollars (+42% sur un an).
TSMC a volé la vedette avec des résultats trimestriels exceptionnels publiés le 15 janvier. Le géant taïwanais des semi-conducteurs affiche un chiffre d’affaires de 33,7 milliards de dollars au quatrième trimestre (+20,5% sur un an), une marge brute record de 62,3%, et un bénéfice net en hausse de 35%. La guidance pour le premier trimestre 2026 est également supérieure aux attentes, à 34,6 – 35,8 milliards de dollars. TSMC anticipe un CapEx 2026 de 52 à 56 milliards de dollars, confirmant la demande soutenue pour les puces d’intelligence artificielle. Ces résultats ont bénéficié à l’ensemble du secteur semi-conducteurs, Intel bondissant de +10 à +12% sur la semaine.
Les « Magnificent 7 » (Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Nvidia, Meta, Tesla) affichent des performances contrastées en ce début d’année. Seuls Alphabet et Amazon progressent depuis le 1er janvier, tandis qu’Apple (-4% YTD), Meta (-4,4%) et Microsoft reculent. Ces sept valeurs représentent désormais 34,4% de la capitalisation du S&P 500, contre seulement 12,5% en 2016, illustrant la concentration croissante des indices américains.
Le Bitcoin vise les 100 000 dollars porté par des flux ETF records
Le marché des cryptomonnaies poursuit son momentum haussier, porté par l’environnement réglementaire favorable de l’administration Trump et des flux institutionnels massifs. Le Bitcoin a touché 97 671 dollars le 14 janvier, son plus haut niveau depuis mi-novembre 2025, avant de consolider autour de 95 000 – 96 000 dollars en fin de semaine. Sur la période, la progression atteint environ +5,6%.
L’Ethereum s’échange autour de 3 300 dollars (+6% sur la semaine), bénéficiant également des flux ETF positifs. Solana évolue à 143 dollars (-2,4%), tandis que le XRP se stabilise autour de 2,07 dollars (-2,8%).
Les flux vers les ETF Bitcoin spot ont explosé cette semaine avec 1,71 milliard de dollars d’entrées nettes entre le 13 et le 15 janvier. Cette vague d’achats marque un retournement spectaculaire après les sorties massives de -1,3 à -1,4 milliard de dollars observées du 6 au 9 janvier.
BlackRock IBIT a capté à lui seul 648 millions de dollars le 14 janvier, un record journalier pour 2026 et la plus forte entrée depuis plusieurs mois. Fidelity FBTC suit avec 351 millions de dollars le 13 janvier et 125 millions le 14 janvier. Au total, huit des douze ETF Bitcoin cotés ont enregistré des entrées nettes positives, confirmant une demande généralisée et non concentrée sur un seul émetteur.
Les actifs sous gestion des ETF Bitcoin spot atteignent désormais 128 milliards de dollars, représentant environ 606 000 BTC soit 3% de tous les bitcoins en circulation. BlackRock IBIT seul gère près de 73 milliards de dollars d’actifs. Les ETF Ethereum ont également attiré 175 millions de dollars d’entrées nettes, portant leurs actifs sous gestion à 19,1 milliards de dollars.
Côté réglementaire, la SEC a officiellement lancé son programme « innovation exemption » permettant aux entreprises crypto d’émettre des tokens via un sandbox réglementaire. L’agence, désormais entièrement dirigée par des Républicains pro-crypto sous la présidence de Paul Atkins, a abandonné ses poursuites contre Binance, Coinbase, Kraken et Ripple. En Europe, le règlement MiCA est pleinement applicable depuis le 30 décembre 2024, avec une fin de période transitoire prévue au 1er juillet 2026 pour les acteurs existants. La directive DAC8 est entrée en vigueur au 1er janvier 2026, imposant aux exchanges de déclarer automatiquement les transactions crypto aux autorités fiscales européennes.
Banques centrales : statu quo prolongé des deux côtés de l’Atlantique
La BCE maintient ses taux directeurs inchangés depuis juin 2025, avec un taux de dépôt à 2,00%, un taux de refinancement principal à 2,15% et un taux de prêt marginal à 2,40%. Philip Lane, économiste en chef de la BCE, a déclaré le 12 janvier que l’inflation devrait se stabiliser durablement autour de 2% en 2026, rendant peu probable toute modification des taux à court terme. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a qualifié d’« illusoires » les anticipations de hausse de taux cette année. La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs se tiendra les 5-6 février 2026, avec un statu quo très largement anticipé.
La Réserve fédérale américaine maintient les Fed Funds à 3,50%-3,75% après trois baisses consécutives de 25 points de base fin 2025. La prochaine réunion du FOMC (28-29 janvier) ne devrait pas modifier les taux, avec seulement 16% de probabilité de baisse selon le CME FedWatch. Le consensus des économistes table sur 1 à 2 baisses de 25 points de base en 2026, ramenant le taux terminal vers 3-3,25%. Le mandat de Jerome Powell en tant que président de la Fed expire le 15 mai 2026, ce qui constitue une source d’incertitude supplémentaire compte tenu des critiques répétées de Donald Trump envers la politique monétaire.
Les rendements obligataires restent élevés dans ce contexte de pause monétaire. L’OAT 10 ans française s’établit autour de 3,50% – 3,54%, le Bund allemand à 2,82% – 2,84% et le Treasury américain 10 ans à 4,20% – 4,24%. Le spread France-Allemagne reste contenu autour de 70-80 points de base, bien au-dessus des 50 points de base d’avant la dissolution de juin 2024, mais loin du pic de 89 points de base atteint lors de la crise budgétaire d’octobre 2025.
L’or et l’argent battent de nouveaux records historiques
L’or a atteint de nouveaux sommets cette semaine, touchant 4 627 dollars l’once le 13 janvier, un record absolu. En euros, le métal jaune a franchi les 3 961 euros l’once, également un record historique. Cette envolée s’explique par une convergence de facteurs favorables : les pressions de Donald Trump sur la Fed pour de nouvelles baisses de taux, la fragilisation du régime iranien face aux émeutes, et les tensions géopolitiques croissantes autour du Groenland et du Venezuela.
Sur l’année 2025, l’or a progressé de près de 70%, sa meilleure performance depuis 1979. Les achats des banques centrales restent soutenus, notamment de la part de la Pologne, de la Turquie, de l’Inde et de la Chine. Goldman Sachs, JPMorgan et HSBC maintiennent leurs objectifs autour de 5 000 dollars l’once pour 2026, certains analystes évoquant même un potentiel de hausse supplémentaire en cas d’intensification des tensions géopolitiques.
L’argent a connu une semaine spectaculaire, atteignant un record historique de 91,81 dollars l’once le 14 janvier, soit une progression de plus de 10% en milieu de semaine. Le métal blanc a ensuite corrigé vers 89 dollars vendredi (-4%), après l’annonce d’un report des tarifs américains sur les minéraux critiques. La menace de tarifs sur l’argent, désormais classé comme « matériau stratégique » par les États-Unis, avait propulsé les cours à des niveaux inédits. Sur un an, l’argent affiche une performance extraordinaire de +187%, portée par le déficit structurel d’offre et la demande industrielle liée aux panneaux solaires et aux véhicules électriques.
Le Brent a clôturé à 64,13 dollars le baril (+2% sur la semaine) et le WTI à 59,44 dollars (+1%), malgré un plongeon de 4-5% jeudi suite à l’apaisement des tensions avec l’Iran. Donald Trump a indiqué retarder toute action militaire contre Téhéran, réduisant temporairement la prime de risque géopolitique sur le pétrole. L’OPEP+ maintient sa production stable pour le premier trimestre 2026, mais l’Agence internationale de l’énergie anticipe un surplus record en 2026.
Le cuivre a touché un record historique au-dessus de 13 387 dollars la tonne en début de mois avant de corriger vers 12 850 – 13 300 dollars. La demande liée aux data centers, aux véhicules électriques et à l’intelligence artificielle soutient les cours, malgré le ralentissement de la croissance chinoise attendu à 4,5% en 2026.
Le marché des SCPI à deux vitesses se confirme en 2026
Le marché des SCPI reste fortement polarisé entre les nouvelles SCPI européennes diversifiées, qui attirent l’essentiel de la collecte, et les anciennes SCPI de bureaux confrontées à des difficultés de liquidité persistantes.
Plusieurs revalorisations de parts ont été annoncées en ce début d’année 2026 :
- Darwin RE01 : +1% au 1er janvier (200€ → 202€), première revalorisation un an après son lancement
- Upêka (Axipit REP) : +3% au 31 décembre 2025 (200€ → 206€), portée par une performance globale de 8,50%
- Reason : +1% (1€ → 1,01€), première hausse symbolique mais structurante
- Patrimonia Capital et Rendement : +5% six mois après son lancement (200€ → 210€)
Ces revalorisations concernent principalement des SCPI récentes qui ont su profiter du contexte de marché favorable pour constituer des patrimoines de qualité à des prix décotés. À l’inverse, certaines SCPI anciennes continuent de souffrir, avec des parts en attente de retrait totalisant 2,39 milliards d’euros (2,71% de la capitalisation du marché), concentrées à 73% sur les SCPI de bureaux.
Les meilleures SCPI 2025 affichent des rendements exceptionnels : Comète (10,6-11,2%), Osmo Énergie (~10%), Transitions Europe (8,25%), Remake Live (7,5%), Iroko Zen (7,32%), Corum Origin (6,5%). En 2026, le rendement moyen des SCPI devrait se situer entre 4,5% et 5%, mais cette moyenne masque une dispersion très importante, avec une quarantaine de SCPI au-dessus de 6% et une dizaine proche de 10%.
Les taux de crédit immobilier restent stables à légèrement orientés à la hausse en janvier 2026, autour de 3,25% à 3,31% sur 20 ans en moyenne. Les meilleurs dossiers obtiennent des taux proches de 2,95-3,00%. Le marché résidentiel poursuit sa reprise modérée avec environ 921 000 transactions sur 12 mois, en hausse de 11% sur un an. Les prix progressent légèrement (+1,3% pour les appartements, +0,2% pour les maisons), confirmant la stabilisation du marché après plusieurs années de correction.
Fiscalité de l’épargne : Livret A en baisse, PFU en hausse
L’épargne réglementée connaît un changement majeur avec l’annonce officielle le 15 janvier de la baisse du taux du Livret A de 1,70% à 1,50% à compter du 1er février 2026. Cette décision, conforme à la formule de calcul (inflation française à 0,8%, €STR à 1,93%), avait été largement anticipée par les épargnants. Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) bénéficie en revanche d’un « coup de pouce » gouvernemental et ne descendra qu’à 2,50% (contre 1,90% théorique selon la formule), préservant ainsi le pouvoir d’achat des ménages modestes. Le CEL passe de 1,25% à 1%, et le PEL des nouveaux contrats s’établit à 2%.
La flat tax (PFU) passe officiellement de 30% à 31,4% depuis le 1er janvier 2026, conséquence de la hausse de la CSG de 9,2% à 10,6% votée dans le PLFSS 2026. Cette hausse de 1,4 point concerne les dividendes, intérêts de livrets fiscalisés et plus-values mobilières, ainsi que les gains sur crypto-actifs. Pour 1 000 euros de dividendes, la ponction fiscale passe de 300 à 314 euros, soit un net perçu de 686 euros contre 700 euros précédemment.
Point important pour les investisseurs : l’assurance-vie, le PEL/CEL et les plus-values immobilières conservent les prélèvements sociaux à 17,2% et ne sont pas impactés par cette hausse. Les revenus fonciers (location nue) et les SCPI investies en France restent également à l’ancien taux, ce qui renforce leur positionnement relatif dans une allocation d’actifs optimisée fiscalement.
Les débats budgétaires ont été suspendus jusqu’au 20 janvier, le gouvernement dénonçant un « sabotage » de LFI et du RN à l’Assemblée nationale. L’adoption définitive du budget 2026 n’est pas attendue avant mi-février. Le déficit 2026 est estimé à 5,3% du PIB, avec un écart de 11,4 milliards d’euros par rapport à la trajectoire gouvernementale. L’option d’une ordonnance budgétaire, inédite sous la Ve République, est envisagée si le blocage parlementaire persiste.
Économie et géopolitique : une toile de fond incertaine
L’inflation zone euro de décembre 2025 ressort exactement à l’objectif BCE de 2,0% (contre 2,1% en novembre), tandis que la France affiche l’une des plus faibles inflations d’Europe à 0,8%. Le PIB français 2026 est attendu autour de +1,0% selon la Banque de France, avec un chômage prévu stable à 7,7-7,8%. La Commission européenne a toutefois revu à la baisse ses prévisions de croissance française pour 2026.
Les tensions géopolitiques restent élevées. L’intervention américaine au Venezuela début janvier (capture de Maduro) a eu un impact limité sur les marchés pétroliers, le pays ne représentant que 0,8% de l’offre mondiale. Les tensions autour du Groenland s’intensifient, avec une réunion infructueuse le 14 janvier entre Washington et Copenhague. Plusieurs pays européens (France, Allemagne, Suède, Norvège) ont annoncé le déploiement de personnel militaire sur l’île dans le cadre d’une force « Endurance Arctique ». En Iran, les protestations massives se poursuivent, avec plus de 3 400 morts estimés selon les organisations de défense des droits humains. L’annonce par Trump d’un possible report de toute action militaire a temporairement apaisé les marchés.
Ce qu’il faut retenir pour vos investissements
La semaine du 12 au 18 janvier 2026 confirme un environnement de marché globalement favorable, avec une inflation maîtrisée des deux côtés de l’Atlantique et des résultats d’entreprises solides. Le record du CAC 40 et la consolidation qui a suivi illustrent un marché en attente de nouveaux catalyseurs, notamment l’investiture Trump et les résultats de LVMH.
Les investisseurs particuliers français doivent intégrer la baisse du Livret A à 1,5% et la hausse du PFU à 31,4% dans leur allocation d’actifs. L’assurance-vie, le PEA et les SCPI européennes diversifiées restent des véhicules fiscalement attractifs. La diversification vers les métaux précieux (or, argent) a démontré toute sa pertinence avec des performances exceptionnelles, même si une consolidation reste possible après des hausses aussi importantes.
L’explosion des flux vers les ETF Bitcoin confirme l’institutionnalisation croissante des cryptomonnaies, mais la volatilité reste élevée et une approche mesurée s’impose. Enfin, les incertitudes budgétaires françaises et géopolitiques mondiales invitent à maintenir une diversification prudente entre actions, obligations, immobilier et actifs réels.