NASDAQ : Tout comprendre sur la bourse des géants de la Tech

Sommaire

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📊 L’essentiel en 30 secondes

Le NASDAQ (National Association of Securities Dealers Automated Quotations) est la première bourse entièrement électronique au monde, créée le 8 février 1971 à New York. Avec plus de 4 000 entreprises cotées et une capitalisation boursière dépassant 35 000 milliards de dollars en 2025, elle a détrôné le NYSE pour devenir la plus grande place boursière mondiale. Le NASDAQ se distingue par sa spécialisation dans les valeurs technologiques : Apple, Microsoft, NVIDIA, Alphabet, Amazon, Meta et Tesla y sont cotés. À ne pas confondre : le NASDAQ désigne la place de marché, tandis que le NASDAQ Composite (toutes les actions) et le NASDAQ-100 (les 100 plus grandes capitalisations non financières) sont des indices boursiers.


Vous avez probablement entendu parler du NASDAQ dans les actualités économiques, notamment lorsque les géants de la tech américaine publient leurs résultats trimestriels. Mais savez-vous réellement ce qui se cache derrière cet acronyme ? Comment cette bourse américaine fonctionne-t-elle ? Et surtout, pourquoi concentre-t-elle autant l’attention des investisseurs du monde entier ?

Dans ce guide complet, nous allons décortiquer le fonctionnement du NASDAQ, comprendre ce qui le différencie du NYSE (New York Stock Exchange), et explorer les indices phares que tout investisseur devrait surveiller. Que vous soyez débutant en bourse ou investisseur confirmé, cet article vous donnera toutes les clés pour maîtriser cet univers fascinant.

Qu’est-ce que le NASDAQ ? Définition et histoire

Les origines d’une révolution boursière

Le NASDAQ voit le jour le 8 février 1971 sous l’impulsion de la NASD (National Association of Securities Dealers), l’ancêtre de la FINRA actuelle. À cette époque, l’idée paraît révolutionnaire : créer une bourse entièrement électronique, sans parquet physique de cotation, où les transactions s’effectueraient via des terminaux informatiques.

Pour bien comprendre l’innovation que représentait le NASDAQ, il faut se replacer dans le contexte de l’époque. En 1971, le NYSE fonctionnait encore avec des traders criant leurs ordres sur le parquet de Wall Street, griffonnant des transactions sur des bouts de papier. Le NASDAQ proposait une alternative radicale : afficher les cotations sur des écrans cathodiques et permettre aux courtiers de négocier à distance.

À ses débuts, le système ne gérait que l’affichage des cotations de quelque 2 500 titres négociés de gré à gré (OTC – Over-The-Counter). Les transactions elles-mêmes se concluaient encore par téléphone. Ce n’est qu’en 1984 que le NASDAQ introduit le Small Order Execution System (SOES), permettant enfin l’exécution automatique des petits ordres.

Les grandes dates qui ont façonné le NASDAQ

L’histoire du NASDAQ est jalonnée d’étapes décisives qui ont transformé un simple système de cotation en première bourse mondiale :

1971 : Création du NASDAQ avec 2 500 titres et une valeur de départ de l’indice composite fixée à 100 points.

1980 : Apple Computer fait son introduction en bourse sur le NASDAQ, levant 100 millions de dollars. Le titre ouvre à 22 dollars et clôture sa première journée à 29 dollars.

1985 : Lancement de l’indice NASDAQ-100 le 31 janvier, avec une valeur de base de 125 points. Cet indice regroupe les 100 plus grandes capitalisations non financières de la bourse.

1986 : Microsoft entre en bourse au prix de 21 dollars l’action. Ajusté des divisions d’actions successives, ce prix équivaut à environ 7 centimes aujourd’hui.

1992 : Le NASDAQ lance les premières heures de négociation étendues, permettant aux investisseurs de trader avant l’ouverture et après la fermeture officielles.

1998 : Fusion avec l’American Stock Exchange (AMEX), renforçant la position du NASDAQ sur le marché américain.

2000 : Le NASDAQ Composite atteint son sommet historique à 5 048 points le 10 mars, au plus fort de la bulle internet. S’ensuit un krach spectaculaire : l’indice perdra 78 % de sa valeur en deux ans, tombant sous les 1 200 points en octobre 2002.

2006 : Le NASDAQ se sépare officiellement de la FINRA et devient une entreprise cotée en bourse sous le symbole NDAQ.

2008 : Acquisition d’OMX AB, opérateur des bourses nordiques et baltes. Le groupe prend le nom de NASDAQ OMX.

2020 : Le NASDAQ Composite dépasse son record de 2000, franchissant pour la première fois les 10 000 points en juin.

2023 : Acquisition d’Adenza pour 10,5 milliards de dollars, la plus grosse transaction de l’histoire du NASDAQ.

2025 : En juin, le NASDAQ dépasse pour la première fois le NYSE en capitalisation boursière totale, atteignant 35 600 milliards de dollars contre 31 400 milliards pour son rival historique.

Le NASDAQ aujourd’hui en chiffres

En janvier 2026, le NASDAQ présente des statistiques impressionnantes qui témoignent de sa domination sur les marchés mondiaux :

  • Capitalisation boursière totale : environ 35 000 milliards de dollars
  • Nombre d’entreprises cotées : plus de 4 000
  • Volume quotidien moyen : 1,8 milliard de transactions
  • Performance du NASDAQ Composite en 2025 : +21,2 %
  • Performance du NASDAQ-100 en 2025 : +26,6 %
  • Part des IPOs américaines : 86 % des introductions en bourse éligibles

Le NASDAQ ne se limite plus aux États-Unis. Via ses acquisitions, le groupe opère désormais des bourses au Danemark, en Finlande, en Suède, en Islande, en Estonie, en Lettonie et en Lituanie. Il fournit également des technologies de marché à plus de 130 places boursières dans le monde.

Comment fonctionne le NASDAQ ?

Le modèle des Market Makers : la clé de la liquidité

Contrairement au NYSE qui utilise un système d’enchères centralisé, le NASDAQ fonctionne selon un modèle de dealers (ou teneurs de marché). Cette différence fondamentale explique en grande partie les caractéristiques uniques de cette bourse.

Sur le NASDAQ, plus de 260 firmes agréées jouent le rôle de market makers. Ces intermédiaires — banques d’investissement, courtiers, sociétés de trading haute fréquence — s’engagent à maintenir en permanence des cotations à l’achat (bid) et à la vente (ask) sur les titres qu’ils couvrent.

Concrètement, voici comment cela fonctionne :

  1. Un market maker affiche ses prix : par exemple, il propose d’acheter l’action Apple à 182,50 $ et de la vendre à 182,55 $.
  2. L’écart entre ces deux prix (le spread) constitue sa rémunération. Plus le titre est liquide, plus le spread est serré.
  3. Quand vous passez un ordre d’achat, le système NASDAQ route votre ordre vers le market maker offrant le meilleur prix de vente.
  4. Le market maker exécute votre ordre en utilisant son propre inventaire d’actions, puis cherchera à reconstituer sa position.

La grande particularité du NASDAQ réside dans la concurrence entre market makers. En moyenne, 14 teneurs de marché se font concurrence sur chaque titre coté. Pour les valeurs les plus échangées comme Apple ou Microsoft, ce nombre peut dépasser 50. Cette compétition pousse les market makers à afficher les meilleurs prix possibles pour attirer les ordres.

Les principaux market makers du NASDAQ incluent des noms bien connus de la finance mondiale : Citadel Securities, Virtu Financial, Jane Street, Goldman Sachs, Morgan Stanley, et bien d’autres. Ces firmes investissent des milliards de dollars dans leurs infrastructures technologiques pour traiter les ordres en quelques microsecondes.

Une bourse 100 % électronique sans parquet physique

Le NASDAQ n’a jamais eu de parquet de cotation au sens traditionnel du terme. Pas de traders en veste colorée hurlant des ordres, pas de sonnerie de cloche actionnée manuellement (bien que le NASDAQ ait adopté cette tradition pour les introductions en bourse, la cloche est actionnée depuis son studio de Times Square).

Toute l’activité repose sur des systèmes informatiques interconnectés. Les market makers saisissent leurs cotations dans le système central du NASDAQ, qui agrège et diffuse ces informations en temps réel. Les ordres des investisseurs transitent électroniquement via leurs courtiers jusqu’aux market makers offrant les meilleures conditions.

Cette architecture entièrement électronique présente plusieurs avantages :

  • Rapidité d’exécution : les ordres sont traités en quelques microsecondes
  • Transparence : toutes les cotations sont visibles en temps réel
  • Réduction des coûts : pas de frais liés à un parquet physique
  • Accessibilité mondiale : les investisseurs du monde entier peuvent participer

Le NASDAQ a d’ailleurs annoncé en mars 2025 son projet de passer à une négociation 24 heures sur 24, 5 jours sur 7. Cette évolution, en attente d’approbation de la SEC, pourrait voir le jour au second semestre 2026 et permettrait aux investisseurs européens et asiatiques de trader les actions américaines pendant leurs heures de bureau.

Les trois niveaux de cotation du NASDAQ

Le NASDAQ propose trois marchés distincts, chacun avec ses propres critères d’admission :

NASDAQ Global Select Market : Le segment le plus prestigieux, réservé aux plus grandes entreprises. Les critères incluent une capitalisation boursière minimale, des exigences strictes de gouvernance, et un historique financier solide. C’est ici que sont cotés Apple, Microsoft, NVIDIA et les autres géants technologiques.

NASDAQ Global Market : Un niveau intermédiaire pour les entreprises de taille moyenne qui ne remplissent pas tous les critères du Global Select mais présentent néanmoins une solidité financière suffisante.

NASDAQ Capital Market : Le marché d’entrée, conçu pour les petites entreprises et les sociétés en croissance. Les critères d’admission sont moins exigeants, ce qui en fait une rampe de lancement pour les startups prometteuses.

Cette segmentation permet aux investisseurs d’identifier rapidement le profil de risque des entreprises dans lesquelles ils souhaitent investir.

NASDAQ vs NYSE : quelles différences ?

La comparaison entre le NASDAQ et le NYSE revient régulièrement dans les discussions entre investisseurs. Ces deux bourses américaines présentent des différences fondamentales qu’il est essentiel de comprendre.

Tableau comparatif détaillé

CritèreNASDAQNYSECAC 40 (Euronext Paris)
Date de création197117921988 (indice) / 2000 (Euronext)
Capitalisation totale~35 000 Mds $~31 000 Mds $~2 800 Mds €
Nombre d’entreprises~4 000~2 400~900 (Euronext Paris)
Mode de transaction100 % électronique (dealers)Hybride (enchères + électronique)100 % électronique
Secteurs dominantsTech, biotech, croissanceFinance, industrie, blue chipsLuxe, énergie, industrie
Frais d’inscription initiaux55 000 – 295 000 $150 000 – 500 000 $5 000 – 300 000 €
Frais annuels48 000 – 193 000 $75 000 – 500 000 $Variable selon capitalisation
Horaires (heure locale)9h30 – 16h00 ET9h30 – 16h00 ET9h00 – 17h30 CET
Horaires (heure de Paris)15h30 – 22h0015h30 – 22h009h00 – 17h30
Indice principalNASDAQ Composite / NASDAQ-100Dow Jones / S&P 500CAC 40
Pré-marchéDès 4h00 ET (10h00 Paris)Dès 4h00 ETDès 7h15 CET
After-hoursJusqu’à 20h00 ET (2h00 Paris)Jusqu’à 20h00 ETJusqu’à 17h35 CET
Volatilité moyenneÉlevéeModéréeModérée
Part des IPOs tech~86 %~14 %Variable

Système d’enchères vs marché de dealers

La différence la plus fondamentale entre le NYSE et le NASDAQ réside dans leur mécanisme de fixation des prix.

Au NYSE, un Designated Market Maker (DMM) unique est assigné à chaque titre. Ce spécialiste centralise tous les ordres d’achat et de vente, puis détermine le prix qui permet d’apparier le maximum de transactions. C’est un système d’enchères : le prix résulte de la confrontation directe entre l’offre et la demande.

Le DMM joue également un rôle de stabilisateur. Lors des périodes de forte volatilité, il peut intervenir en utilisant son propre capital pour lisser les variations de prix. C’est pourquoi le NYSE est souvent considéré comme plus adapté aux valeurs traditionnelles nécessitant une certaine stabilité.

Au NASDAQ, comme nous l’avons vu, plusieurs market makers se font concurrence sur chaque titre. Il n’y a pas de centralisation : chaque dealer affiche ses propres prix, et le meilleur prix l’emporte. C’est un marché de dealers où la liquidité provient de la concurrence entre intermédiaires.

Cette structure décentralisée rend le NASDAQ potentiellement plus volatile, mais aussi plus réactif. Lors de la crise de mars 2020, les spreads sur le NASDAQ étaient en moyenne 25 % inférieurs à ceux du NYSE, permettant aux investisseurs d’acheter et vendre à de meilleurs prix.

Coûts et attractivité pour les entreprises

Les entreprises qui souhaitent entrer en bourse doivent choisir entre le NASDAQ et le NYSE. Le coût joue souvent un rôle déterminant dans cette décision.

Les frais d’inscription initiaux au NASDAQ plafonnent à 295 000 dollars pour le Global Select Market, contre 500 000 dollars maximum au NYSE. Les frais annuels sont également plus avantageux : 193 000 dollars maximum au NASDAQ versus 500 000 dollars au NYSE.

De plus, le NASDAQ ne facture pas de frais supplémentaires pour l’émission de nouvelles actions, contrairement au NYSE qui prélève des commissions sur les augmentations de capital. Ces économies peuvent représenter des millions de dollars sur la durée de vie d’une entreprise cotée.

Cette politique tarifaire agressive explique pourquoi des entreprises historiquement cotées au NYSE ont fait le choix de transférer leur cotation vers le NASDAQ. C’est le cas de Kraft Heinz, Texas Instruments, ou encore CME Group ces dernières années.

Perception et prestige

Historiquement, le NYSE bénéficiait d’un prestige supérieur. Être coté au « Big Board » de Wall Street était considéré comme un rite de passage pour toute grande entreprise américaine. Le NYSE reste aujourd’hui la bourse de référence pour les secteurs traditionnels : finance, industrie, énergie, grande distribution.

Le NASDAQ a longtemps souffert d’une image de « marché des petites valeurs » ou de « bourse des startups ». Cette perception a radicalement changé avec l’ascension des GAFAM. Aujourd’hui, les entreprises les plus valorisées au monde — Apple, Microsoft, NVIDIA, Alphabet, Amazon — sont toutes cotées au NASDAQ.

Pour une startup tech en 2025, être cotée au NASDAQ aux côtés de ces géants constitue désormais un argument de crédibilité au moins aussi puissant qu’une cotation au NYSE.

Les indices phares à surveiller

Le NASDAQ Composite : le thermomètre de toute la bourse

Le NASDAQ Composite est l’indice le plus large de la bourse NASDAQ. Il inclut toutes les actions cotées sur le marché, soit plus de 3 000 titres. C’est un indice pondéré par la capitalisation boursière : plus une entreprise est grosse, plus elle pèse dans l’indice.

Cet indice a été créé en 1971 avec une valeur de base de 100 points. En janvier 2026, il évolue autour des 19 500 points, soit une multiplication par 195 en 55 ans. Sa performance en 2025 s’établit à +21,2 %, portée par l’engouement pour l’intelligence artificielle.

Le NASDAQ Composite présente une forte sensibilité au secteur technologique. Environ 50 % de sa pondération provient des valeurs tech, suivies par les services de communication (15 %) et la consommation discrétionnaire (13 %). Cette concentration sectorielle explique sa volatilité supérieure aux indices plus diversifiés comme le S&P 500.

Pour les investisseurs français, le NASDAQ Composite sert de baromètre de l’appétit pour le risque sur les marchés mondiaux. Quand le NASDAQ monte fortement, cela signale généralement un environnement favorable à la prise de risque (risk-on). À l’inverse, une chute du NASDAQ précède souvent des corrections plus larges.

Le NASDAQ-100 : l’élite de la croissance mondiale

Le NASDAQ-100 est sans doute l’indice le plus suivi par les investisseurs particuliers. Créé en janvier 1985 avec une valeur de base de 125 points, il regroupe les 100 plus grandes entreprises non financières cotées au NASDAQ, classées par capitalisation boursière.

Pourquoi exclure les financières ? À l’origine, le NASDAQ-100 a été conçu pour capturer la dynamique des secteurs innovants. Les banques et assurances, considérées comme des valeurs de rendement plutôt que de croissance, ont donc été écartées. Cette règle perdure aujourd’hui.

L’indice est rééquilibré trimestriellement (mars, juin, septembre, décembre) et fait l’objet d’une reconstitution annuelle en décembre. Les entreprises qui ne remplissent plus les critères de capitalisation sont remplacées par de nouveaux entrants.

En janvier 2026, le NASDAQ-100 affiche une valeur autour de 21 600 points, soit une performance de +26,6 % sur l’année 2025. Les dix premières positions de l’indice concentrent environ 55 % de sa pondération :

  1. Apple (AAPL) : 11,05 %
  2. NVIDIA (NVDA) : 10,54 %
  3. Microsoft (MSFT) : 10,41 %
  4. Amazon (AMZN) : 7,63 %
  5. Alphabet Class A (GOOGL) : 5,87 %
  6. Alphabet Class C (GOOG) : 5,94 %
  7. Meta Platforms (META) : 4,92 %
  8. Tesla (TSLA) : 4,18 %
  9. Broadcom (AVGO) : 4,12 %
  10. Costco (COST) : 2,87 %

Les « Magnificent Seven » : les sept géants qui dominent le marché

Les « Magnificent Seven » (ou « Mag 7 ») désignent les sept entreprises technologiques américaines qui dominent les indices boursiers mondiaux. Ce terme, inspiré du célèbre western, a été popularisé par l’analyste de Bank of America Michael Hartnett en 2023.

Ces sept entreprises sont : Apple, Microsoft, NVIDIA, Alphabet (Google), Amazon, Meta (Facebook) et Tesla. Ensemble, elles représentent :

  • Plus de 21 000 milliards de dollars de capitalisation boursière combinée
  • 63 % de la pondération du NASDAQ-100
  • 35 % de la capitalisation du S&P 500
  • 75 % des rendements du S&P 500 depuis le lancement de ChatGPT en novembre 2022

La domination des Magnificent Seven atteint des niveaux sans précédent. Selon les données de Morningstar, cette concentration dépasse largement le pic de 27 % observé lors de la bulle internet de 1999-2000.

NVIDIA occupe une place particulière dans ce groupe. Portée par la demande explosive en puces graphiques pour l’intelligence artificielle, l’entreprise est devenue en juillet 2025 la première société de l’histoire à dépasser les 4 000 milliards de dollars de capitalisation. Son action a progressé de plus de 900 % depuis début 2023.

Michael Cembalest, directeur des investissements chez JP Morgan Asset Management, observe : « Les actions liées à l’IA ont représenté 75 % des rendements du S&P 500 et 80 % de la croissance des bénéfices depuis le lancement de ChatGPT. »

Cette concentration extrême suscite des inquiétudes. Certains analystes estiment que les marchés sont devenus trop dépendants de la performance de quelques entreprises. Ray Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, affirme que « le marché est définitivement dans une bulle », comparant les valorisations actuelles à celles de la bulle internet.

Comment investir au NASDAQ depuis la France ?

Les ETF : la solution la plus simple

Pour un investisseur français, la manière la plus accessible d’investir dans le NASDAQ est de passer par un ETF (Exchange Traded Fund). Ces fonds indiciels cotés répliquent la performance d’un indice et se négocient comme une action ordinaire.

Plusieurs ETF permettent de s’exposer au NASDAQ-100 :

  • Amundi NASDAQ-100 UCITS ETF (ticker : ANX) : éligible PEA, frais de gestion de 0,23 %
  • Lyxor NASDAQ-100 UCITS ETF (ticker : UST) : éligible PEA, frais de 0,22 %
  • iShares NASDAQ-100 UCITS ETF (ticker : CNDX) : non éligible PEA, frais de 0,33 %
  • Invesco NASDAQ-100 UCITS ETF (ticker : EQQQ) : non éligible PEA, frais de 0,30 %

L’éligibilité au PEA (Plan d’Épargne en Actions) est un critère important pour les investisseurs français. Les ETF éligibles utilisent une réplication synthétique (via des swaps) pour contourner la règle qui limite le PEA aux actions européennes. Cela permet de bénéficier de la fiscalité avantageuse du PEA (exonération d’impôt sur les plus-values après 5 ans) tout en s’exposant au marché américain.

L’achat d’actions en direct

Les investisseurs souhaitant sélectionner eux-mêmes leurs titres peuvent acheter des actions américaines en direct via un compte-titres ordinaire. La plupart des courtiers en ligne français (Boursorama, Fortuneo, Degiro, Interactive Brokers, Trade Republic) permettent d’accéder aux marchés américains.

Points de vigilance :

  • Frais de courtage : les ordres sur les marchés américains sont généralement plus chers que sur Euronext
  • Frais de change : l’achat en dollars implique une conversion EUR/USD avec un spread
  • Fiscalité : les dividendes américains subissent une retenue à la source de 15 % (convention fiscale France-USA), imputable sur l’impôt français
  • Décalage horaire : le marché ouvre à 15h30 heure de Paris et ferme à 22h00

Considérations fiscales pour les investisseurs français

Les gains réalisés sur des actions américaines sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), ou au barème progressif de l’impôt sur le revenu sur option.

Les dividendes font l’objet d’une retenue à la source de 15 % aux États-Unis (grâce à la convention fiscale franco-américaine, au lieu des 30 % de droit commun). Cette retenue est imputable sur l’impôt français via un crédit d’impôt.

Pour optimiser la fiscalité, les investisseurs peuvent privilégier :

  • Le PEA avec des ETF éligibles (capitalisation des dividendes sans imposition)
  • L’assurance-vie avec des unités de compte exposées au NASDAQ
  • Le PEA-PME pour certains ETF spécifiques

Perspectives 2026 et risques à surveiller

Ce que disent les analystes

Les grandes banques d’investissement affichent un optimisme mesuré pour les marchés américains en 2026. Goldman Sachs et Morgan Stanley visent un S&P 500 à 6 500 points d’ici fin 2026, soit une progression d’environ 11 %. Deutsche Bank se montre plus audacieux avec un objectif de 7 000 points.

Concernant spécifiquement le NASDAQ-100, le consensus institutionnel anticipe une hausse de 5 à 10 % en 2026, portée par la poursuite du cycle d’investissement dans l’intelligence artificielle.

Goldman Sachs Asset Management résume le sentiment dominant : « Notre perspective pour la technologie reste positive. Nous maintenons notre conviction que nous sommes encore aux premiers stades d’un cycle technologique durable. »

Les dépenses d’investissement des hyperscalers (Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta) devraient atteindre 440 milliards de dollars en 2026, en hausse de 34 % par rapport à 2025. Cette manne financière continuera d’alimenter la demande en infrastructures IA et donc les revenus de NVIDIA, AMD, et de l’ensemble de l’écosystème technologique.

Les risques à ne pas négliger

Plusieurs facteurs pourraient freiner la progression du NASDAQ :

Le risque de concentration : Avec les Magnificent Seven représentant 35 % du S&P 500, une correction sur ces titres aurait un impact disproportionné sur l’ensemble du marché. David Solomon, PDG de Goldman Sachs, prévient qu’un « repli de 10 à 20 % est probable dans les 12 à 24 prochains mois. »

La valorisation élevée : Le ratio cours/bénéfices du NASDAQ-100 dépasse les 30x, bien au-dessus de sa moyenne historique. Ces niveaux de valorisation laissent peu de marge d’erreur aux entreprises.

Les tensions géopolitiques : Les restrictions américaines sur les exportations de semi-conducteurs vers la Chine, et les potentielles représailles, constituent un risque majeur pour des entreprises comme NVIDIA qui réalisent une part significative de leurs ventes en Asie.

La politique monétaire : Bien que la Fed ait amorcé un cycle de baisse des taux, un rebond de l’inflation pourrait forcer la banque centrale à durcir à nouveau sa politique, ce qui pénaliserait les valeurs de croissance.

Le risque de bulle IA : Certains observateurs, dont Ray Dalio, estiment que les investissements dans l’IA ressemblent à ceux de la bulle internet. Si les retours sur investissement des entreprises déçoivent, une correction brutale n’est pas à exclure.

FAQ : Vos questions sur le NASDAQ

Est-ce que le NASDAQ est ouvert le week-end ?

Non, le NASDAQ est fermé le samedi et le dimanche. Les horaires de négociation réguliers sont du lundi au vendredi, de 9h30 à 16h00 heure de New York (15h30 à 22h00 heure de Paris).

Cependant, des sessions étendues permettent de trader en dehors de ces horaires :

  • Pré-marché : de 4h00 à 9h30 ET (10h00 à 15h30 heure de Paris)
  • After-hours : de 16h00 à 20h00 ET (22h00 à 2h00 heure de Paris)

Le NASDAQ a annoncé son projet de passer à une négociation 24h/24, 5j/7 à partir de 2026, sous réserve d’approbation réglementaire.

Quelle est la différence entre le NASDAQ et le NASDAQ-100 ?

Le NASDAQ désigne la place de marché elle-même, c’est-à-dire la bourse où s’échangent les actions. C’est une infrastructure de négociation qui accueille plus de 4 000 entreprises cotées.

Le NASDAQ-100 est un indice boursier qui mesure la performance des 100 plus grandes entreprises non financières cotées sur le NASDAQ. C’est un indicateur, un outil de mesure, pas un marché.

Pour faire une analogie : le NASDAQ est le stade, le NASDAQ-100 est le tableau des scores des 100 meilleurs joueurs.

Il existe également le NASDAQ Composite, un autre indice qui inclut toutes les actions cotées au NASDAQ (plus de 3 000 titres), pas seulement les 100 plus grandes.

Peut-on investir dans le NASDAQ avec un PEA ?

Oui, il est possible d’investir dans le NASDAQ via un PEA grâce aux ETF à réplication synthétique éligibles. Ces fonds utilisent des instruments dérivés (swaps) pour répliquer la performance du NASDAQ-100 tout en respectant les contraintes réglementaires du PEA.

Les principaux ETF NASDAQ-100 éligibles PEA sont :

  • Amundi NASDAQ-100 UCITS ETF (ANX)
  • Lyxor NASDAQ-100 UCITS ETF (UST)

Cette solution permet de bénéficier de l’avantage fiscal du PEA (exonération des plus-values après 5 ans) tout en s’exposant au marché technologique américain.

Quels sont les jours fériés de fermeture du NASDAQ en 2026 ?

Le NASDAQ ferme lors des jours fériés fédéraux américains. Pour 2026, les dates de fermeture prévues sont :

  • 1er janvier : Jour de l’An
  • 19 janvier : Martin Luther King Jr. Day
  • 16 février : Presidents Day
  • 3 avril : Vendredi Saint
  • 25 mai : Memorial Day
  • 19 juin : Juneteenth
  • 3 juillet : Independence Day (observé)
  • 7 septembre : Labor Day
  • 26 novembre : Thanksgiving
  • 25 décembre : Noël

Certains jours voient une fermeture anticipée à 13h00 ET : la veille de l’Independence Day, le lendemain de Thanksgiving, et la veille de Noël.

Comment le cours du NASDAQ est-il calculé ?

Les indices NASDAQ (Composite et 100) sont calculés selon une méthodologie de pondération par la capitalisation boursière modifiée.

Concrètement, chaque action est pondérée en fonction de sa capitalisation boursière flottante (le nombre d’actions réellement disponibles sur le marché, multiplié par le cours). Plus une entreprise est grosse, plus elle pèse dans l’indice.

Le NASDAQ-100 applique toutefois une règle de rééquilibrage trimestriel pour éviter qu’une seule entreprise ne domine excessivement l’indice. Aucune action ne peut représenter plus de 24 % de l’indice, et les cinq plus grandes positions combinées ne peuvent dépasser 48 %.

Conclusion : le NASDAQ, incontournable pour investir dans la tech

Le NASDAQ s’est imposé comme la bourse de référence pour les investisseurs orientés croissance et innovation. Son dépassement historique du NYSE en capitalisation en 2025 symbolise le basculement vers une économie mondiale dominée par les géants technologiques et l’intelligence artificielle.

Pour les investisseurs français, s’exposer au NASDAQ — que ce soit via des ETF éligibles PEA ou des actions en direct — permet d’accéder aux entreprises les plus dynamiques de la planète : Apple, Microsoft, NVIDIA, Alphabet, Amazon, Meta, Tesla…

Toutefois, cette exposition doit s’accompagner d’une conscience aiguë des risques. La concentration extrême des indices autour des Magnificent Seven, les valorisations élevées et l’incertitude sur la monétisation de l’IA appellent à la prudence. L’histoire de la bulle internet rappelle que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

En diversifiant intelligemment son portefeuille et en adoptant une vision de long terme, le NASDAQ reste néanmoins un pilier incontournable de toute allocation d’actifs moderne.

Dernière mise à jour : janvier 2026. Les données chiffrées sont susceptibles d’évoluer. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Consultez un professionnel avant toute décision financière.

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